A en croire mon pote Jacquot*, « c’est toujours la première idée qui est la bonne » … Il en est de même en général, sur les impressions. Que ce soit une impression photographique, qu’on ne peut corriger après l’avoir mise en boîte, (oui bon y’a des logiciels de retouche d’image, je sais… mais je suis de la vieille école, je pensais argentique, et je ne sais pas me servir de Photoshop (publicité gratuite)), une impression sur une super imprimante Photosmart « all in one » (publicité toute aussi gratuite, quoi que, puisque c’est elle qui me fait vivre, indirectement…), une impression concernant quelqu’un qu’on rencontre pour la première fois, ou celle concernant une situation à laquelle on se retrouve confronté, de gré ou de force : je suis assez d’accord avec Jacquot, et sans pouvoir annoncer 200% de réussite à la justesse de cette philosophie de comptoir de bar, j’ai rarement eu de « première impression » totalement erronée. OK, il y a parfois des ajustements, et je me suis parfois également planté dans les grandes largeurs… Un des plus beaux exemples de plantation de sensation concerne ma chère et tendre épouse : quand je suis sorti avec elle, j’ai eu l’impression que ça allait durer… 15 jours max… L’erreur est humaine, je suis humain, j’ai donc le droit de me planter…
Mais bon là, je ne parlais pas de cette impression, ni d’une des premières évoquées, photographiques, documentaires ou personnelles, mais de l’impression que ces quelques jours dans la peau de John M… heu non, d’un territory manager (pas mal le titre, hein ??) m’ont laissés.
Tout d’abord, comment résumer ce que j’ai fait en 15 jours ?
1- j’ai géré les vacances de mes gars (si si, c’est complexe, car faut trouver des back-ups, faut valider des montages parfois tordus, d’un remplaçant un jour, d’un autre un autre jour, de droit d’accès aux ressources, j’en passe et des meilleurs)
2- j’ai validé des notes de frais (et là, on ne rigole pas, on parle d’argent…)
3- j’ai remplacé un gars de mon équipe, pour une revue de 20h30 a 21h30 un vendredi (normal, chez lui c’est le WE ce jour…)
4- j’ai reçu un mail d’infos concernant l’absence d’une de mes consultantes, qui était malade, mail dont le traitement a nécessité 5 mails de ma part, et environ 12 en retour…
5- j’ai tenté de suivre des formations obligatoires du genre « new manager rules », ou encore « 100 days in a new manager’s life »… qui n’apportent rien mais que je dois suivre. Et en une période comme la notre, c’est important 100 jours… Si vous ne comprenez pas pourquoi, allez voir ici …
6- j’ai passé en moyenne 5 heures par jour au téléphone, dans des calls pour lesquels ma présence est essentielle, tellement essentielle qu’en moyenne, je dois parler au moins… 2 minutes par heure
7- j’ai reçu des tonnes d’invitations à des calls auxquels je n’assisterai pas, déjà pris par ceux susmentionnés
8- j’ai répondu à des questions sur des processus que je ne connais pas, mais qui, j’en suis sûr sont la raison de vivre de quelqu’un, et pour lesquels ce quelqu’un est persuadé que j’ai des informations vitales pour lui/elle
Et dans le peu de temps restant, j’ai tenté d’être un tant soit peu opérationnel, en faisant quoi ??
1- En demandant à mon chef de valider mes vacances,
2- en passant ma note de frais,
3- en me faisant remplacer sur un call,
4- en envoyant 5 mails pour essayer de comprendre ce que je devais faire, à postériori, pour valider l’absence antérieure à mon action de ma consultante, et en recevant 12 réponses parfois contradictoires, qui m’ont plus interloquées qu’autres choses, au point que j’ai demandé le support de mon chef
5- en suivant d’autres formations qui me bottent, sans pour autant me prendre pour l’Empereur
6- en passant pas mal de temps au téléphone, pour parler beaucoup, beaucoup, beaucoup, sans être convaincu que ce que je disais intéressais mes interlocuteurs,
7- en envoyant des invitations à des calls auxquels plein de gens ne participeront pas, ou alors en dormant,
8- en posant des questions à des gens qui ne me répondront probablement pas…
Ah, en effet, je vois que vous suivez : je n’ai pas été absent, donc je n’ai pas totalement contre-partisé la tâche 4 de la précédente liste… Et d’ailleurs, ça aurait été plus simple : si j’avais été ne serait-ce que provisoirement absent, je n’aurais pas eu la possibilité de me livrer à cet inventaire pas du tout digne de Prévert, et ne me serais livré qu’à la contre-partisation de la tâche 4…
Et au milieu de tout ça, j’ai tout de même eu le temps de faire certaines constatations qui m’ont conduit à la première impression dont au sujet de laquelle je vous causais en guise d’apéritif.
Tout d’abord, manager des gens sans jamais les voir, c’est tout de même pas ce qu’on fait de plus confortable, car y’a plein de non dits à côté desquels on peut, je peux passer, générant des problèmes de communication
Ensuite, un des trucs étonnant c’est qu’à avoir dans son équipe des gens situés dans des lieux aussi différents que Dubaï, Budapest, Vienne, Ra’anana, Rome ou Paris (ben oui, y’a un égaré…), il faut pouvoir jouer avec une grande amplitude horaire et journalière, tout le monde ne commençant pas sa semaine le lundi à 9h, pour la finir le vendredi à 18… J’ai pas encore eu à faire des revues le dimanche a 7heures du matin, mais mon chef m’a prévenu, cela peut arriver…
De même, il faut faire gaffe à ce qu’on dit, à ce qu’on fait, à ou on met les doigts (ben non, pas les pieds, tout se fait par mail, je me déplace pas, hélas…)
Enfin, y’a des choses qu’il faut à tout prix éviter, dont le double effet anti « Kiss Cool » et que j’ai bien évidemment déjà faites, telles que par exemple s’opposer assez durement avec son chef, générant ainsi une action dite salvatrice, qui met en « colère » tout l’équipe… Même si on m’a toujours dit qu’un bon chef doit faire l’unanimité dans son équipe, que ce soit « tout le monde aime fanfan » ou « tout le monde déteste fanfan », j’aurais tendance à préférer éviter la seconde possibilité…
M’enfin, au final, je sens que j’aime ça, même si c’est vrai, être tout petit manager dans une grande maison, c’est plus proche de l’assistanat et du support que d’un réel management décisionnel. Et pas grave si je me suis mis temporairement tout le monde à dos, tant au dessus qu’en dessous : d’une part cela montre au dessus que je ne suis pas un pantin, et ça tombe bien, c’est ce qu’il recherchait, d’autre part, je me suis expliqué sur l’action salvatrice susmentionnée avec mon bras droit, la personne essentielle tant pour moi que pour l’équipe, dans l’équipe, et elle a compris mon action, je crois que je l’ai gagnée à ma cause, enfin elle a compris que je me battais pour la même cause qu’elle : le bien-être de l’équipe…
Allez, reste maintenant à passer le cap des 100 jours, qui a été fatal à plus d’un, l’histoire est bien placée pour en témoigner… On en reparle dans 85 jours !
Et puis si ça ne le fait pas, je me reconvertirai, manager chez Mickey, en charge du jardin d’Alice ….
* : oui bon d’accord, je le reconnais, Jacquot (Higelin pour les ceusses qui ne l’eussions point resitué…) n’est pas mon pote, même si j’ai passé un nombre d’heures assez considérable en sa compagnie, il se contentait de tourner en rond très vite… dans la platine vinyle, puis CD...
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