3.9.09

Qui a eu cette idée folle, un jour d'inventer l'école ?

Ce matin, c’était la rentrée, l’entrée des classes, devrais-je dire. Ben oui, ma chère tête blonde de fille n’est jamais entrée, comment pour-elle donc rentrer à l’école ? Bon si, elle y est entrée, en visiteuse, mais c’était pas pareil, c’était pas l’école comme lieu d’apprentissage, mais une balade comme une autre… Là , on y allait pour de bon, ouverture d’un scenario qui va se répéter pas mal dans les années à venir, même si elle ne souhaitera pas toujours qu’on soit présent au lever de rideau !

On a commencé à « « Méthode-Coué-ifier » Gabrielle y’a longtemps, en lui lisant des histoires où ses héros préférés vont à l’école, tels que Franklin, ou autre Tchoupi, et en lui assénant à longueur de journée que l’école, c’est bien, c’est pour les grands, alors que son petit frère, lui, n’ira qu’à la crèche, car c’est un bébé… Bilan, lorsqu’on a fait la pré-rentrée de mademoiselle, mardi, cela s’est très bien passé, pas une larme, bonjour à la maîtresse, et hop, on va jouer avec tous ces nouveaux joujous, sans trop regarder ses futures petites copines. Le départ de la salle de classe a été un peu plus tendu, la demoiselle ne voulant pas quitter ce petit paradis, mais sur la promesse qu’elle est retournait bientôt, elle a accepté de nous suivre.

Ce matin, enfin, aurait-elle pu dire, rebelote : réveil à l’aube, petit déjeuner, habillage, et zou, on va à l’école. Tout le long du chemin, mademoiselle de demander « l’est ou l’école ? », et moi de répondre qu’ « on y arrive bientôt », œuf corse. Arrivés la bas, plein de papas et de maman, quasi plus stressés que leur progéniture, au point que les charmantes têtes blondes, brunes ou rousses, ressentant le stress de leurs parents, se mettent aussi à pleurer. Ma chère fille, quant à elle, n’a pas voulu être en reste : elle y est allée de son pleur. Tiens, revirement de position quant à cet endroit si cher à Jules Ferry ? Que nenni, mademoiselle ne voulait juste pas mettre sa blouse… Devant mon insistance, elle est entrée dans la salle de classe, et s’est précipitée… sur la boîte de mouchoirs puis, sans un regard vers son père, sur une boîte remplie de jeux devant laquelle s’étaient déjà regroupés certains de ses camarades de classe. Rideau, fin du premier acte.

Lever de rideau sur le second acte, la fin des « cours », et toujours le même papa qui se colle à aller à « Saint Fer », maman étant clouée au lit avec une migraine telle que le bruissement d’une araignée tissant sa toile sur le réverbère d’en face la faisait se crisper de douleur.

Aller à Saint Ferdinand chercher son enfant, c’est normalement une tâche de maman semblerait-il. En effet, à 11h45, on pouvait voir environ une cinquantaine de mamans, un couple, (en fait, à y regarder de plus près, c’était en fait les grands parents) et votre serviteur… Et bien évidemment, personne ne me voyait, c’est tellement logique de se dire que je ne suis pas spécialement repérable, à dominer tout le monde d’environ une tête, dans mon chouli polo rose… En plus, le dit polo, en partant de chez moi, ma voisine me fait gentiment remarquer que je l’ai enfilé à l’envers, merci Brigitte, j’avais l’air moins « a côté de mes pompes » après l’avoir dé-Dagoberifié, et m’être tout autant remis à l’endroit.. Donc bin sur, il y a eu pas mal de regards, pour savoir qui j’étais … J’ai réussi à discuter avec une personne, qui parlait de son stress susmentionné, mais sa copine avec qui elle était en discussion avant que je me greffe sur leur estimation de la charge de stress qu’un parent subis, ne m’a pas vu, même quand il y a eu échange entre la maman de Joséphine et moi-même… L’homme invisible est de retour …

Remarquer, je les comprends, et pas besoin d’être aussi philosophe que Garth Algar pour savoir que « le changement? On a peur du changement! «* Et quel changement que l’apparition dans ce spectacle bien rôdé d'un individu nouveau...… M’enfin bon, j’espère que ces dames vont finir par s’habituer à moi, car je présume que ce n’est pas la dernière fois qu’elles me verront…

Mais, avantage de ne pas passer si inaperçu : dès mon arrivée devant la classe, d’où la maîtresse ne laisse sortir les enfants qu’une fois que les parents aient eu montré patte blanche : je n’ai pas eu à lui rappeler quel papa j’étais pur qu’elle se tourne à l’intérieur et appelle « Gabrielle, voila Papa… »

Tombé de rideau sur ce second acte : ma fille me voit, et se met à pleurer à chaudes larmes, ne voulant pas quitter l’école, et j’ai dû lui promettre qu’on y retournait demain matin pour qu’elle accepte de cesser de pleurer, et ne se débatte plus dans mes bras pour retourner à « école papa, école… ». Mais y’en a une qui était ravie de cette réaction, c’est la maîtresse, qui m’a confirmé que ma fille avait été adorable et gentille, et que cela s’était on ne peut mieux passé…

L’épisode suivant ne me verra pas dans la liste des acteurs, puisque si je serai bie la personne qui accompagnera Gabou à l’école, je ne serai pas celle qui vient la rechercher, je dois aller au bureau demain, vous ne révez pas…

Mais non, pas pour un motif de travail…. Ma dealeuse de croquette a reçu sa commande, ça tombe bien, ce soir Velvet fait ceinture…

* : comment ignorer un tel philosophe, qui s’exprime avec tant de profondeur dans son œuvre la plus magistrale : « Wayne’s World »…

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