18.2.10

"j'ai jamais su"...

Il parait qu’on ne peut pas adorer avec sa tête… En plein savourage du vingtième opus des œuvres de mister jack in the box, c’est ce que vient de me sortir Iglika ! Bon admettons en effet qu’on ne peut pas adorer partiellement, soit on adore, soit on n’adore pas… Mais faire les choses à moitié, en matière d’adoration, il parait que cela ne se fait pas. La question n’est donc pas de faire à moitié ou totalement, mais de faire avec rationalisme ou non.

Si je suis d’accord sur certains sujets d’adoration, j’avoue que pour d’autre j’ai du mal. Je vais prendre par exemple la réponse qu’avait faite la sœur d’une amie, il y a longtemps, lorsque celle ci avait dit « je l’adore » (ne me demandez pas de qui il s’agissait, je ne suis pas là pour cafter, en plus elle est mariée maintenant !!) : sa réponse a été « on n’adore que Dieu et le chocolat » (faisant preuve ainsi d’une assez grande ouverture, sachant que l’énonciatrice de ce fait qu’on ne peut, à priori, remettre en cause était religieuse…).

Je n’ai aucun problème à dire qu’en effet, si on adore Dieu, on ne peut pas faire les choses à moitié, c’est même une évidence biblique… Mais pour le chocolat, je me suis toujours permis de penser qu’on ne pouvait faire montre d’autant de rigueur : en effet, qu’il soit au lait, , aux fruits, aux amandes, noir, blanc, au caramel, on peut difficilement l’adorer pareillement. Allez parler d’un chocolat autre que noir à 72% à un adorateur du pur noir, il ne vous rira pas au nez, il vous dédaignera au mieux, s’il n’est pas belliqueux, mais pourra aussi avoir une réaction plus physique, sans pour autant que cela signifie qu’il n’adore pas sa fève royale…

Donc si on admet que cette sœur qui n’était pas la mienne pouvait avoir énoncé une vérité à géométrie variable, comme mon irréfutable démonstration vient de le prouver, et si une adoration peut ne pas être intégrale sans pour autant mettre en cause son existence, son essence même, on doit pouvoir admettre qu’une adoration se permet de faire la part belle à la réflexion, et que si dans l’ensemble on adore, on peut aussi ne pas adorer tout de son sujet d’adoration…

Qu’en dit le Petit Larousse ?

Adoration : nom féminin - (latin adoratio) - Action d'adorer un être divin.Sentiment d'amour passionné, de très grande affection : Amour qui confine à l'adoration.

Bon nous ne sommes pas plus avancés, puisqu’adoration = action d’adorer…Allons donc voir ce qu’est adorer selon toujours la petite rousse :

Adorer : verbe transitif - (latin adorare, de orare, prier) - Rendre des honneurs à Dieu, à une divinité. Aimer passionnément quelqu'un ou, simplement, l'apprécier beaucoup : Elle adore son mari. Avoir un goût très vif pour quelque chose, apprécier énormément une attitude, une action : Adorer le chocolat. Adorer marcher sous la pluie.

Ah mais voila qui change la donne, je trouve, et je tiens à remercier la petite rousse de confirmer mes propos : Dieu, on lui rend les honneurs, on le met au plus haut, mais quand on porte de l’adoration à un autre sujet (humain, matériel ou spirituel) il ne s’agit plus que d’apprécier énormément UNE attitude, UNE action. Et la rousse de nous reparler du chocolat… Mais ce que je note est qu’on apprécier UNE chose, un aspect de la chose, pas son intégralité.

Et comment faire pour ne pas apprécier l’intégralité de quelque chose ou quelqu’un, si on n’utilise pas sa tête pour différencier les différentes parties de ce grand tout, pour donner à chacune une valeur, permettant de dire « j’adore le chocolat noir mais n’apprécie pas tant que cela le chocolat au lait », ou vice versa bien sur. Attention, cela ne veut pas dire que je non-adore (je sais, ce mot n’est pas dans le dictionnaire, c’est une lacune que j’espère les Académiciens vont vite combler car si j’avais écrit « je n’adore pas » vous auriez pu penser que je n’aime pas du tout, ce qui aurait absolument été faux…) le chocolat au lait, ca veut juste dire qu’au sein de mon adoration, j’ai pu me permettre de catégoriser les choses, de leur donner un indice de satisfaction, d’écarter certaines parties pour me concentrer sur d’autres…

Et quel est l’outil qui permet de porter un jugement de valeur ? oui je sais, l’Argus le fait très bien pour les voitures, on l’indicateur Bertrand pour le logement, ou… enfin y’a plein d’outils qui permettent d’aider à donner on propre jugement, son estimation personnelle de la valeur d’une chose, mais le meilleur, le plus personnel, celui qui prendra la décision finale, de façon rationnelle ou non, lequel est-ce ? Non, il ne s’agit pas de mon avocat, j’ai parfois des doutes sur sa rationalité et son état mental, surtout à l’écouter, avec ses « nemo auditur », ses « caveat emptor » , « pacta sunt sevanda » ou autres « tu quoque mi fili »… Il s’agit bien sur du cerveau, outil indispensable à ma petite personne, pour porter un jugement sur tout ce qui m’entoure, jugement qui certes n’engage que moi et n’a d’autre valeur que celle que je lui reconnais…

C’est donc grâce à mon cerveau que je me permets d’avoir une approche rationnelle de mon adoration, pour quelque sujet que ce soit, et de dire « oui dans l’ensemble j’adore telle ou telle chose, mais dans le détail de cette chose, il y a des choses que j’adore plus que d’autres, et d’autres que je non non-adore moins que d’autres…

Et si cela fait dans quelques jours 30 ans que j’adore Higelin, (merci ma sœur de m’avoir offert cette place de concert pour mes 13 ans, même si à l’époque j’ai un peu souffert dans la fosse du Palais des Sports…), si j’ai presque l’intégralité de ses albums, il y a tout de même certains épisodes qui ont moins retenu mon adoration, sans pour autant me faire changer d’avis…

J’ai vu

Un jour

Cent mille enfants

Serrer dans leur poing

L’étendard de l’amour révolté

Le vent

Dansait dans leurs cheveux

Et leurs voix faisaient trembler

Les murs de Babylone

Comment veux-tu que l’espoir capitule

Et qu’on retourne après ça

Jeter en pâture aux chacals

Et aux requins

Ce pur élan de vie

Ce cri de rage


Alertez les bébés…

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