Alors on va tenter de profiter au mieux de ce temps qui ne sera pas consacré aux formalités administratives, recherches de papiers, discussions sans fin avec maman, et autres pour jeter sur le papier de l’ordinateur quelques mots qui, s’ils n’adoucissent rien permettent au moins de donner un but à l’esprit plutôt que de le laisser partir dan des réflexions guère positives que la situation ne peut manquer d’engendrer.
M’enfin, y’a un domaine où je suis plus que bénéficiaire, c’est le sommeil : depuis 2 jours dans la verte auvergne, j’ai réussi l’exploit de dormir jusque plus de 8 heures, et ce sans réveil généré par les ptits clous… J’en connais une qui va être jalouse, désolé ma petite femme, mais je ne peux échanger nos places, je ne le souhaite pas, d’ailleurs.
En effet, l’arrivée de la troisième semence a bien rempli la vie de la boîte à clous, c’est une des raisons majeures de mon silence sur les derniers mois. Lors de l’arrivée de la deuxième punaise, l’agenda permettait d’écrire, j’avais même pu l’annoncer ici bas, avec photos à l’appui, et continuer à écrire presque régulièrement.
Mais trois types de petits clous dans la même boîte à clous, je vous prie de croire que ça donne du fil à détordre aux grands clous, et que les instants de détente sont rares. Il faut dire que le clou tête d’homme est déjà bien occupé par son boulot, et quand il termine sa tâche principale qui permet à toute la boîte à clous de ne pas être cassé comme un clou comme diraient nos cousins québécois, il tente d’aider au mieux le clou à tête demi ronde (mais non ma petite femme, jamais je ne dirais que tu es un clou sans tête…) et les moments de détente commencent rarement avant 23h, heure ou tout clou qui se respecte commence a vouloir retrouver sa caisse de rangement, dans l’attente du réveil des punaise, semence et autre aiguille (pour ceux qui souhaitent une info sur les types de clous, il y a toujours des infos sur Wiki…)
La, l’avantage d’être un clou en déplacement chez les clous anciens qui ne sont pas des vieux clous, c’est que à part les ivrognes qui viennent se discuter juste sous ma fenêtre à 4 heures du mat’, y’a pas grand chose qui perturbe mon sommeil. Sans rêves, profond et ininterrompu, il a l’avantage de recharger la batterie, même s’il n’allège pas la tension mentale… La preuve, même pas eu un seul bâillement ni coup de fatigue depuis ce matin, je me sens droit comme un clou…
M’enfin, se retrouver ici sans femme ni enfant, ça me replonge en arrière, à l’époque ou j’étais un clou sans marteau, qui ne faisait rien de ses journées, ou presque, et je ne peux pas dire que ce soit un sentiment des plus agréables. Il faut dire que je ne me suis jamais senti à ma place dans le grand plateau de fromage, n’ayant pas l’âme d’un asticot, et les (trop) nombreuses années passées ici, de 1974 à 1998 (avec tout de même heureusement 4 ans d’interruption pour cause d’étude ou armée) ne me laissent dans la bouche aucun regret. Il suffit de voir combien de personnes je vois encore quand je suis ici : allez, dans les bons moments, on va dire deux… Mais encore, c’est dans les bonnes années, car sinon je ne vois que les clous anciens, raison essentielle à mon arrêt à Riom les flots.
Lorsque les clous anciens auront déménagé pour venir rejoindre la boîte à clous chez les Carnutes, il n’y aura plus de raison de s’arrêter ici, et la seule chose qui sera négative est que cela faisait une étape appréciable dans la migration estivale. Pour le reste, en ce qui me concerne, je ne vais pas dire que je vais oublier ce que j’ai vécu ici, il y a eu des moments bien agréables, mais ces moments se comptent sur les doigts des 2 mains au maximum. La chose la plus positive que je retire de ce séjours chez les actuels détenteurs du bouclier de Brennus (il fallait bien que je mentionne ça, c’est le fait d’arme le plus important de l’histoire arverne depuis au moins Vercingétorix, et je leur dit Bravo car ils l’ont pas volé..) est la rencontre avec un drôle d’animal, un Marsupilami que j’embrasse du fond du cœur, lui et toute sa famille. Ca fait peu non, pour une vingtaine d’années au milieu de la France…
Je ne dis pas que c’est la seule et unique joie de mon séjour auvergnat, il y a eu d’autres rencontres qui ont compté, qui m’ont fait devenir ce que je suis, m’ont donné une ouverture d’esprit je le souhaite assez importante, mais Marsu, même si peu disponible, de par sa vie perso et pro, a toujours une pensée et une prière pour la boîte à clous, Dieu sait qu’elle en a besoin en ce moment.
Tous ça pour dire que la page auvergnate est en train de se tourner, que dis-je, le chapitre, voire même le livre… La boîte aux anciens clous va bientôt être vidée, puis mise en vente, et d’autres viendront, je l’espère, profiter d’elle autant qu’on a en profité. 33 ans en auvergne pour les clous, c’est pas rien, je ne sais pas si la vie me donnera de poser mon marteau aussi longtemps en un même lieu.
Allez, je retourne parler des aviateurs qui ont leur base dans la chambre a côté de papa et qui débriefent tout le temps en parlant de leurs combats aériens, à moins que ça ne soit de cette réunion internationales des présidents de cette multinationale fabricant de l’électroménager juste en face…
Mais pour montrer que j’ai bien appris ma leçon, si un jour on vous demande sur combien de pattes repose le cheval de Vercingétorix dont l’auteur n’est autre que Bartholdi, vous savez, celui de la Statut de la Liberté, ne répondez pas une, deux, trois ou quatre (plus, il serait temps de reprendre des cours d’anatomie équine…), mais zéro !
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