11.8.10

"Vacances j'oublie tout...

Plus rien à faire du tout" ...

Je sais pas ou Elegance a trouvé ça, mais j'ai beaucoup de mal à souscrire à cette théorie, même si depuis bientôt un siècle, il existe une chose bien agréable, qui s’appelle les congés payés. On en trouve l’origine, du moins en France, dans l’initiative d’un Directeur technique d’un grand journal d’information politique, économique et financière des années 19920.

Cette idée a ensuite été reprise par Blum, qui écrivait dans ledit journal, et été généralisée avec le Front Populaire de 1936. De une semaine à cette époque, on est maintenant à cinq semaines par an, auxquelles il faut ajouter les RTT et autres avantages liés aux 35 heures.

Je ne vais pas me plaindre de ce petit cadeau, qui, parait il, est avantageux pour tout le monde : l’entreprise car après une telle coupure, je suis censé être plus performant, et moi car il parait que cela me donne le droit de me reposer, tout en étant payé à ne rien faire…

En revanche, là où je mets un bémol, c’est dans cette idée que congés payés = repos pour le salarié… Y’a une chose que le législateur n’a pas pris en compte dans ses calculs, aussi brillant soit il : cette chose s’appelle « les enfants ». En effet, si je dispose en effet d’un peu plus de cinq semaines pendant lesquelles je ne travaille pas pour mon patron, j’ai la « chance » d’avoir un, que dis-je, plusieurs donneurs d’ordres qui n’ont pas les mêmes contraintes légales, et qui ne m’octroient pas aussi facilement lesdits repos. Il faut dire que ces dictateurs ont des critères différents de mon patron, et en plus ont beaucoup plus de congés que moi… Je pense que vous l’avez deviné, il s’agit de mes trois petites têtes de clou : punaise, piton et semence! En effet, face à mes cinq malheureuses semaines de congés payés par an, l’ainée totalise 120 jours, le puiné et le cadet environ 320 (enfin le cadet sera à ça dès la rentrée, pour le moment il est sur la base de 365 jours par ans, mais comme il n’a pas 5 mois, le calcul n’est pas relevant) de vacances par an…

Or, dans ma prise en compte de ce qu’il reste aux grands clous pour se reposer, il faut donc considérer la situation la plus favorable aux petits clous, qui est en conséquence la moins favorable aux grands clous : 320 jours de congés par an. Il reste donc en gros 45 jours où les petits clous ne sont pas dans la boîte à clous, laissant donc les grands clous se reposer. Et malgré tout, ces 45 jours ne sont pas de tout repos, puisqu’avant de se débarrasser de tous les petits clous, il faut tout de même assurer leur réveil, les nourrir, les habiller, puis les amener sur leur lieu de travail, heu, je veux dire à leur école ou autre jardin d’enfant…

Le reste du temps, les petits clous demandent de leurs parents une attention continue, et même si, officiellement lesdits grands clous sont en vacances, ce n’est franchement pas une période de repos, bien au contraire… Si je prends la journée d’hier, par exemple, j’arrive, en terme de planning, à la situation suivante :

- réveil de la semence à 5h30, générant un réveil du grand clou dans la foulée

- réveil de piton et punaise à 7h00, entrainant le début de la course poursuite afin d’éviter les accidents, tentatives de meurtres et autres crises dans les RI (relations inter-enfants)

- sieste de la semence de 11h à midi, mais les deux autres sont en pleine forme et vont d’ailleurs se dépenser à la plage (franchement pas du repos pour les grands clous…)

- repas des trois vers midi et demi et ça c’est tout sauf des congés pour les grands clous

- sieste du piton de 13h à 15h, les deux autres trouvant que dormir cela ne sert à rien, c’est juste du temps perdu

- balade commerciale des grands clous, avec la participation obligatoire des petits clous, de 15 à 17 puis retour à la maison pour préparer la soirée

- A 18h30, douche, mise en pyjama, préparation du repas de punaise et piton

- A 19h30, couchage des susnommés, semence quant à lui est en pleine forme, mais semble commencer à piquer du nez.

- A 20h30, les trois sont couchés, étant entendu que semence a encore un biberon à prendre, et qu’il faudra le réveiller plus tard pour qu’il s’acquitte de cette tâche substantielle…

- Arrive le temps de promener la boulette, sans collier à clou (oui car parfois punaise demande à nous accompagner…) puis de ranger la cuisine, faire la vaisselle, and so on, et enfin vers 21h30 commence le temps de la détente, qui sera bien sur altéré par le biberon évoqué, qu’il faudra bien donner, avant que les grands clous ne trouvent enfin le chemin de leur lit…

Bilan de la journée dite de congés : au calme de 23h à 5h30, soit allègrement 400 minutes à nous…

Mais bon, ce n’est pas grave, il y a différents avantages à avoir des journées aussi peu remplies : d’une part, cela permet d’aller chercher du pain tout chaud pour le petit déjeuner, et ça j’avoue, j’aime bien, d’autre cela permet aussi d’assister au lever du soleil sur la grande bleue, et ça c’est un spectacle des plus agréables, même si, à dire vrai, contempler l’intérieur de mes paupières depuis mon lit serait aussi, j’en suis sûr, un moment de pure extase… On en reparle dans 15 ans…

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