Oui je sais, on connait ça et on associe cette expression à un autre personnage, dans d’autre circonstances, et ledit personnage pensait à l’avenir, moi je l’écris en pensant au passé…
Et non cela n’a rien à voir au fait que le rat va bientôt avoir deux ans, mais cette réflexion m’est hier pendant que j’étais en voiture vers le plat pays qui est le mien : il y a deux ans en effet, à quelques semaines près, j’écrivais un post qui a vu son aboutissement quelques mois plus tard, dont l’idée était ma volonté d’être khalife à la place du khalife. Pour mes lecteurs assidus, cela doit leur parler, pour les autres, vous pouvez toujours aller voir dans les archives, ou pas.
Mais en effet, bientôt deux ans que j’ai commencé à vouloir devenir grand, un peu moins d’un an et demi que je le suis, et ce grâce à mon hollandais pas volant, un homme que je ne remercierais jamais assez, car il a pris le risque de faire confiance à quelqu’un qui n’avait comme élément positif à afficher que son envie d’avoir le job, et tant de points négatifs, incluant, de façon non limitative : aucune expérience sur le job, aucune connaissance du management en général, et du management virtuel et multiculturel en particulier, et surtout français (oui c’est un énorme risque et un handicap pas moins grand pour les raisons suivantes : d’une part il a fallu qu’il se batte pour me faire passer manager, d’autre part s’il s’était planté dans son choix, il aurait eu du mal à me virer, merci la législation sociale française…).
Et là, l’oisillon quitte son nid, emportant avec lui tous ses petits (oui je sais, un oisillon n’est pas censé avoir lui-même de couvée, mais dans mon cas j’ai ma tribu qui « ne me quitte pas » (on en revient au plat pays…), pour aller trouver un autre chef, encore plus lointain, puisque venant d’un pays à chemises a fleurs très colorées, et grosses bagnoles qui polluent beaucoup, californien qui ne sera pas souvent dans mon dos, surtout avec 9 heures de décalage horaire….
Mon futur ex chef a donc voulu qu’on se voit une dernière fois, pour un déjeuner officiellement de travail, mais surtout de détente, de remerciements mutuels, et de discussions diverses et variées. Si si, on a même parlé boulot pendant au moins 1 heure… face à plus de 9 heures de route et presque 3 de restaurant… J’en ai profité pour lui apporter un cadeau, trouvé en faisant les poubelles de mes parents, et qui lui a fait bien plaisir : une vieille montre et une encore plus vieille horloge toutes deux cassées… Quel cadeau me direz-vous ! Cadeau extrêmement apprécié pour quelqu’un qui prépare sa reconversion en horloger réparateur de montres, et qui est retourné à l’école pour un cursus de 4 ans. La preuve en est : dès ce matin j’avais un mail de sa part me diagnostiquant la nature des soucis de ces vieilles choses, et me donnant le programme de remise en service… Et pour voir mon chef, on choisit toujours Bruxelles, ce n’est pas exactement à mi chemin entre chez lui et chez moi, mais c’est un partage des déplacements qui l’arrange et ne me dérange pas trop.
En tout cas, moi je dis encore merci à mon chef, qui a agit en totale conformité avec son nom, comme un prince, qui a toujours été présent pour m’aider quand j’allais plonger sous l’eau, et qui a accepté de continuer à assurer ce rôle pour le futur… Car 2 ans, ce n’est pas encore très vieux pour un oisillon manager, et si je veux continuer à grandir pour voler sereinement de mes propres ailes, j’aurai encore besoin de cours, ça c’est sûr…
M’enfin bon, tout ça pour dire que le trajet a été long, mais le plaisir présent, c’est l’essentiel. Il y a une chose à noter quant audit trajet, enfin plusieurs, alors autant commencer par la première, non ?
Après un peu plus de deux heures de route, je décide de m’arrêter pour prendre un café, le réveil a 4h30 et la route à 5h10 ce n’est pas pour dire, mais c’est chaud. Je cherche donc une aire/station essence, où je sais pouvoir trouver la boisson revigorante que j’aspire à absorber. Je trouve celle-ci à l’orée du Pas de calais ou la fin de la Picardie, vais chercher mon petit noir, et commence à marcher pour me détendre les pattes et les ailes, étant salué au passage par une équipe de la SANEF en train d’effectuer le nettoyage de ladite aire. Marcel et Jean Claude (non, je n’ai pas changé leurs prénoms, ce sont les leurs, pas une invention) s’arrêtent et commencent à discuter avec moi du trafic sur LEUR autoroute et LEUR aire de repos qui tout l’été a été tellement fréquentée que les gens passaient sans trouver où s’arrêter, et donc passaient également leur chemin. Marcel, le permanent et chef d’équipe, reprend son boulot, mais Jean Claude, le CDD, continue à me parler. Il parle du fait qu’il préfère être à sa place qu’à celle des patrons (selon lui soit on est patron soit on est comme lui…) car même s’il a fait plein de boulots, il a une bonne place et il espère bien que comme son beau frère qui est agent de maîtrise dans la même boîte, il pourra monter, même si ça le dérange pas de bosser, il a toujours bossé depuis qu’il a 14 ans : il a fait la patate, l’endive, et plein d’autres choses, il a même fait la pomme en Normandie, mais n’a pas voulu aller faire le raisin en Champagne, ça faisait trop loin, il a voyagé Jean Claude, mais il est content d’être de retour chez lui, même s’il craint que l’usine L’Oréal qui vient d’ouvrir dans son village, de 6.800 habitants, ça ne fasse pas de boulot pour les gens du patelin, Il a aussi dit que les études ca sert a rien, ce qui compte c’est le piston, lui il a eu l'aide de son beau frère pour avoir son CDD, il a même pas sur certificat (j'ai volontairement exclu les points de ma phrase, je ne pense pas qu'il se soit arrêté pour respirer de toute sa tirade...)…
Quand je lui ai dit que moi j’embauchais des gens et regardais leurs diplômes avant de faire mon choix, il m’a répondu : « ah mais vous êtes patron, et vous patronnez dans quel métier ? » A ma réponse « dans l’informatique », le voila qui enchaine sur le fait que il a acheté un ordinateur il y a 4 ans, pour aller sur l’internet, mais qu’il a des soucis car sur MSN parfois y’a des gens qu’il ne connait pas qui lui envoient des photos des filles qu’ils ont rencontré le WE précédent, et quand il essaye d’ouvrir le fichier, y’a l’ordinateur qui devient étranger ( ce n’est pas une faute, j’ai pas voulu taper « étrange ») et son anti virus qui détruit le fichier, il doit redemander le fichier pour voir les photos de la fille, et c’est pas super car le gars en général il reste pas. J’ai donc du lui expliquer que ces inconnus envoient des virus, et qu’il ferait mieux de ne pas accepter ce genre de fichiers… Il a semblé avoir compris mais… enfin en tout cas il scanne son PC tous les jours et depuis il va plus vite… J’ai repris ma route, bien détendu et réveillé par cette discussion de 15 minutes avec 11 degrés au thermomètre de la voiture, et amusé par ce petit intermède, qui m’a permis d’aborder la Belgique en pleine possession de mes moyens et assez lucide pour ne pas me perdre…
D’ailleurs en parlant de la Belgique, si quelqu’un peut me dire comment marchent les limitations de vitesse sur le Ring, je serai ravi, j’avoue que je n’ai rien pigé… 120, 100, 90 ou 80 km/h ? Sous quelles conditions ? M’enfin bon, je ne sais pas quand j’en aurai encore besoin, de cette connaissance dans la mesure où justement je me rendais à Bruxelles pour dire au revoir à mon chef, avec le nouveau chef je n’aurai pas beaucoup de raisons d’aller là bas… Donc pas la peine de vous presser à me répondre…
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