Hier, j’ai encore vécu une expérience traumatisante… Je sais, ça fait beaucoup en une semaine : après ce passage aux bureaux, hier soir ma petite femme a partagé avec moi une expérience très… intime. Oui, je sais, il ne faut pas, normalement, parler de sa vie intime en public, mais là, vue l’intensité de la chose, je ne peux pas me taire. Donc âmes sensibles, pudibondes, coincées ou autres, Alt F4 et allez voir ailleurs…
Si en général je partage tout avec ma femme (en matière d’argent, je me charge de le gagner, elle de le dépenser, en matière d’enfant, elle les habille, je change les couches, ans so on…) dans ce domaine, c’est très rare qu’on partage, car nos goûts sont très largement différents. Bon, ça donne de bon résultats, il suffit de voir les enfants, mais on ne peut pas dire qu’on passe beaucoup de temps sur ce sujet, c’est très rarement que se retrouve ensemble pour se livrer à ce genre d’activité.
Mais ça va pas vous ? Vous pensez réellement à ce à quoi je crois que vous pensez ? Vous n’y êtes pas du tout, bande d’obsédés… Je parle de la télévision bien sur. Ah j’vous jure, quels dégénérés vous êtes….
Non, ici, la télévision, c’est essentiellement un plaisir enfantin, les enfants ne manquent pas de nous dire, alors que nous regardons une émission qui nous intéresse : « c’est pas ma télévision, remets ma télévision » Donc en gros, de 6h du matin à 9h du soir, la télévision nous est interdite, y’a une sorte de « code enfantin » dessus, qui ne donne accès qu’au bouquet « junior » avec des émissions aussi captivantes que Tfou, Piwi, Debout les Zouzous , j’en passe et des meilleurs. Et passé 21h, ben en fait on a eu notre dose de bruit, et en général on silencifie, ce qui repose grandement, tant les oreilles que le cerveau, enfin ce qu’il en reste.
Mais pour une fois, hier soir, ma petite femme voulait regarder à quoi ressemble la dernière télé réalité du moment, j’ai nommé X Factor… Bon, j’avais vu un commentaire dessus dans le cadre d’un reportage sur la guerre des chaînes en la matière, j’avais un très gros à-priori, mais j’ai voulu profiter de madame, donc je me suis posé en face d’elle, le PC devant, malgré tout, pour m’échapper si cela devenait franchement too much pour moi, et on a commencé à regarder… Je m’attendais donc au pire, et bien j’ai eu tort : il fallait s’attendre à nettement pire que le pire. Le pire, c’est acceptable, on peut s’y préparer, quand on s’y attend. Mais le pire du pire, la c’est pire que tout, puisque tout est pire que ce à quoi on s’attend.

Le but de l’émission, pour les veinards qui l’ignoreraient, est de trouver le X factor de la nouvelle star de demain. Quoi, vous ne savez pas ce qu’est le facteur X ? Non, ce n’est pas celui qui sonne toujours deux fois, ce n’est pas non plus Stuart-prower, autrement connu sous le nom de prothrombinase, ce n’est pas le héros de comics américain, mais alors qu’est ce donc ? Le facteur X c’est le mojo, le petit truc en plus qui fait qu’on a l’oreille qui frétille à l’audition, et le pied qui bat le rythme même si d’ailleurs on n’a pas le sens du rythme. L’idée n’est pas nouvelle, cela fait 6 ans que cela existe, ça vient bien sur de nos voisins d’outre Manche, comme quoi de temps en temps, ce qui est sur une île ferait mieux d’y rester. Mais comme toujours, parfois par chance, parfois par malchance, la Gaule profonde est souvent en retard des courants de mode anglo-saxons, et il aura fallu attendre un paquet d’années, bénéfiques à notre salut et au repos de nos oreilles, avant que cette petite merveille du petit écran ne nous assaille.
Et donc j’avais vu un reportage qui « vantait » les mérites de cette émission, la qualité des prestataires, tant au niveau concurrence qu’au niveau jugement, j’arrivais déjà chaud, persuadé que ca allait l’être également, chaud… OK, dans le lot, y’a eu quelques belles voix, je suis bien d’accord, mais on n’a pas eu la chance de faire comme les british, et de découvrir une Suzanne Boyle, plutôt des canards cancanant sous l’orage…
Et le pire est que dans le lot, il y en a certains qui étaient encore pire que des canards, qui en plus de n’avoir aucun talent, alliaient à cela l’absence totale de voix, de rythme, de puissance ou d’émotion, et le savaient… Ils plongeaient dans le ridicule car étaient persuadés d’être bons, enfin de pouvoir s’imposer…
Mais si on marie « les grande légumes célestes vous parlent » au « Crépuscule des idoles », ou si vous préférez Louis à Friedrich Wilhelm, on est mal barré : ces deux auteurs, se nommant respectivement Gauthier et Nietzche, au cas où vous ne les auriez pas reconnus, nous apprennent d’une part que « le ridicule ne tue pas (mais il met mal à l’aise) » et d’autre part que « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » ; Dans le cas de certains concurrents d’hier, on peut craindre que leur ridicule les rende plus forts, encore plus convaincus d’être bons, et encore plus agressifs car se sentant malgré tout quelque part mal à l’aise… Vive le bouton « mute » de la télécommande, et moi je retourne écouter Katherine Jenkins, ça ça fait du bien…
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