2.5.11

Et voila …

On y est arrivés ! Non sans mal, non sans douleur, non sans stress, mais on y est arrivés… Cela fait un moment que je traîne dans les coulisses de ma compagnie, dans des rôles diverses et variés, mais il faut bien avouer que mon orientation se.. Mais non, business, en quoi celle-ci pourrait jouer ? Je disais donc que mon orientation business a fait de moi un individu très « service service », et pas spécialement « produit de l’année » ou d’autres…

Mais depuis quelques mois, quand on a fusionné les équipes de Christine et la mienne, il m’a bien fallu regarder ce qui se passe chez les « Produits », ça semblait préférable, ¼ de mes « collaborateurs » (ce que je déteste l’hypocrisie de ce terme) travaillant dans cet environnement…

Et si je me sentais à l’aise côté Services, j’avoue, à ma grande honte, que ma connaissance des Produits était des plus lacunaires. Et quand on travaille pour le 5ième plus grand éditeur de logiciels au monde, on a tout de même intérêt à s’y intéresser, même si cette partie du business ne représente certes que 3 % du CA de ladite boite.

L’ennui est que Produits et Services ne parlent pas la même langue du tout : les uns parlent de marge, les autres de discount, les uns parlent de projet ou de solution, les autres de transaction, les uns ont des cycles de vente long, les autres vous signent un contrat d’un million en 10 minutes, les uns parlent de risque en delivery, les autres en reconnaissance de revenu…

Et il y a peu, ces problématiques des autres, je n’en connaissais ni le A ni le B. J’étais (et suis toujours) parfaitement à l’aise sur celles des uns, passant même pour une source de référence digne de foi, mais des autres, je ne savais rien de rien… Il a bien fallu m’y mettre, surtout qu’en France, petit pays que je gère aussi (mais ce n’est pas le seul) on ne fait rien comme les autres, on ne suit pas toujours les consignes venant des échelons supérieurs, ce qui génère pour mon équipe bien des soucis et de la tension, surtout dans les fins de trimestre… Hier était justement une fin de trimestre, du second trimestre. Oui je sais, normalement un trimestre c’est une période de trois mois, le premier trimestre commençant en Janvier donne un second qui commence en avril et logiquement s’achève en juin, mais pas en avril justement…

Mais chez les fous, on ne fait pas comme tout le monde, et la fin de l’année c’est fin Octobre, le début c’est en novembre. Le seul avantage que j’y vois et que cela permet d’éviter la pression de fin d’année, qu’elle soit calendaire ou fiscale, car là, il n’y aurait de fête de fin d’année pour personne, ni nos clients, ni encore moins nous….

Donc là, on vient de vivre notre fin de second trimestre fiscal, et personnellement, c’est la première fois que je me m’investi autant. Dans le Service, vus les cycles de vente susmentionnés, il n’y avait pas autant de pression. Mais dans les produits, j’avais beau avoir été informé, je ne m’y attendais pas… Une de mes « collaboratrice » m’avait demandé d’être au bureau toute la semaine, afin de jouer le rôle de médiateur, d’arbitre, d’agent de dépressurisation (ou de dé-pression, en deux mots J), et j’avoue qu’au début, j’ai hésité, quitter le confort et le calme de ma Beauce d’adoption (le calme ? Oulla, j’ai bu quoi ce soir ? Depuis quand y’a du calme à la maison ???) pour aller plonger dans la nef des fous et me payer environ 2 heures et demi de trajet tous les jours, ça ne m’enchantait pas tellement… Mais à la demande générale, j’ai accepté : je suis chef, ce n’est pas pour rien, et le chef doit être avec ses troupes quand souffle le vent de la guerre… Je viens donc de passer une semaine assez bien remplie, entre les trajets, la journée sur place, les vendeurs, les managers, et mon équipe. Et la semaine ne s’est pas achevée vendredi, car le dernier jour du mois, c’était quand ? Et oui, c’était samedi… Donc vendredi, je suis resté au bureau jusque presque 22h00, et me suis remis devant ma machine une heure en rentrant, et samedi, j’ai travaillé non stop de 6h30 à 17h30. Et pour quoi faire, me direz-vous ? Juste pour vérifier que tous les dossiers entraient bien, étaient bien délivrés, bien facturés…

D’accord, vous allez me dire que c’est normal, c’est mon métier de contrôler ce genre de choses, donc je n’ai fait que mon boulot, c’est normal, et il faut bien que je fasse ce pour quoi je suis payé. Mais je n’étais pas le seul à surveiller tout ça : il y avait des tas d’autres managers qui étaient devant leurs machines, à faire les mêmes contrôles que moi, ou à me demander de les faire, et la tension était palpable dans la façon dont on communiquait tous …

Le pire a vraiment été samedi : il me restait une petite douzaine de dossiers à faire entrer, et le matin, c’était du contrôle de contrôle, des demandes de statut à la minute, and so on… Tout le monde demandait à tout le monde s’il avait des nouvelles, et ça bossait de Londres à Bucarest, de Frankfort à Bangalore… Puis, avec les dossiers passant au vert au fil des heures, la pression a commencé à retomber surtout avec les plus gros dossiers traités… A la fin, j’ai commencé a espérer le 100% de réussite dans tous mes pays, et quand à 13h30 je me suis retrouvé à seulement 2 petits dossiers encore en attente, je me suis même permis une « détente » : accompagner Mape faire des courses J. A mon retour, j’ai mis le focus sur les trois derniers, qui sont vite restés deux, puis un… Et il a fallu attendre 17h30 pour que le score passe à zéro…

Mais quand tout a été réglé, j’ai poussé un grand cri de soulagement, et la dernière chose relative au travail que j’ai faite a été d’envoyer un mail à toute mon équipe, à tous ceux qui ont rendu ça possible, pour les remercier, car je n’y croyais pas… Et ce mail m’a fait un bien fou…

Mais bon, quand on pense qu’on remet ça le trimestre prochain… Et cette fois-ci, le dernier jour sera un dimanche… Non, vous croyez qu’il va falloir s’y coller même ce jour ? Bon, on va pas se mettre martel en tête, on verra bien le stress monter assez vite en temps et en heure...

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