Non, y’a pas malabar (publicité gratuite…) mais y’a heureusement encore des moyens de s’évader… Et je sens que je vais faire comme Papillon, et tenter de m’évader un nombre conséquent de fois d’une pesanteur de plus en plus pesante, d’une lourdeur de plus en plus lourde, d’une fatigue de plus en plus fatigante, … Bon, d’accord, Mc Queen était excellent dans le rôle de Henri Charrière, mais rien ne dit que l’autobiographie de ce dernier soit aussi biographe qu’il avait tendance à le dire, ce qui aurait aussi tendance à laisser penser que le film est un chouette film, enfin pour ceux qui aiment, mais reste dans les grandes lignes une fiction. M’enfin Charrière à bien été incarcéré en Guyane, et a bien réussi à s’évader à la fin, c’est ce que l’on retiendra : l’évasion, ça peut marcher…
Et quand y’en a marre, que ce soit du pénitencier ou du boulot (je sais, y’a pas mal de points communs, on pourrait en faire une bonne étude comparative, même si y’a aussi énormément de différences, ne me faites pas écrire ce que je n’ai pas l’intention ni l’envie d’écrire), y’a en effet toujours des possibilités de s’évader… Papillon a réussi à s’évader définitivement, la neuvième fois, c’est pas mal comme persévérance. Mais ce qui était possible dans les années 30 ou 40, ne l’est certainement pas autant dans les années 10 du premier siècle du millénaire suivant. Qui en effet peut se targuer de s’être évadé 9 fois de zonzon ? Oui, je sais, aujourd’hui rares sont ceux qui passent assez de temps derrière les barreaux pour avoir l’opportunité (si j’ose dire) de pouvoir s’évader autant de fois. Y’a des prisons célèbres pour avoir le plus fort taux d’évasion, c’est d’ailleurs le cas de celle de Nouméa, mais bon, c’est la Nouvelle Calédonie, on ne va pas demander en plus aux matons de faire du zèle, il fait chaud, et ça fatigue de tous les surveiller mais je ne sais pas si même là bas on atteint de tels scores, à moins qu’on parle du Club Med, et non de la maison tôlé et taulée locale. Et si y’a environ 66.000 détenus en France, il y a un peu plus de 25 millions de gens qui travaillent, enfin si on tient compte … non, sans discrimination aucune, je ne tiens pas à avoir un procès pour diffamation. Sur ces 66.000 personnes nourries, logées et blanchies par l’Etat (non, je ne parle pas des militaires, même si eux aussi vivent souvent derrière des barbelés, est ce pour empêcher les civils d’entrer ou eux d’en sortir ???), on enregistre un taux d’évasion aux alentours de 0.04%, ce qui, en comparaison de la population active, représenterait environ 10.000 personnes qui s’évaderaient de la prison du travail chaque année. C’est beaucoup et c’est peu si l’on en croit Renoir, qui disait dans « la Grande Illusion » : « A quoi sert un terrain de golf ? A jouer au golf. Un court de tennis ? A jouer au tennis. Eh bien ! Un camp de prisonnier, ça sert à s'évader... » Dommage, il n’a rien dit sur le travail…
Je n’ai pas trouvé le taux d’évadés repris qui réitèrent, mais je n’ai pas trouvé non plus de statistiques sur le nombre de « travailleurs » qui s’évadent de l’univers carcéral, oups pardon, professionnel, pour y retomber, de gré ou de force, je pense que les deux chiffres doivent filer le bourdon à leurs populations respectives, tout ce que je sais c’est que toutes mes tentatives d’évasion plus ou moins définitive (jusqu’à ce jour, sait on jamais, cela pourrait changer, un jour…) se sont soldées par des échecs, et je me suis vite retrouvé derrière les barreaux, enfin derrière l’écran de mon ordinateur… l’avantage est que cela permet de recommencer, et de tenter de s’évader à nouveau. Et quand j'étais libre de ce carcan professionnel, liberté qui a bien trop duré selon moi, j'ai tout fait pour me faire incarcérer...
Heureusement, il est plus simple de s’évader de l’univers professionnel que du carcéral. Plus simple et plus rapide. Bon y’a bien sûr la solution de Mc Queen, qui se retrouve bien à l’honneur ce soir, « la Grande évasion », la finale, la définitive, celle qui sera sans retour, mais qui laisse pas mal de victimes… Au niveau du boulot, y’a aussi « au r’voir, au r’voir président » (publicité tout autant gratuite que la précédente, je ne suis pas actionnaire de la FDJ…), c’est le meilleur moyen que je connaisse, et quand il arrive, pas besoin d’attendre 165 trimestres pour cela, il faut juste un peu de chance. Certains vont dire que se faire virer est une forme d’évasion, puisqu’on sort de l’univers professionnel, mais hélas dans ce cas d’une part l’évasion n’est pas souhaitée, d’autre part il est même préférable que celle-ci soit de courte durée… A part ces évasions un peu extrêmes, il en existe d’autres, qui sont en général de plus courte durée, mais d’une part plus facilement répétables, d’autre part moins compromettantes (enfin pour la majorité d’entre elles, certaines pouvant faire passer de la prison professionnelle à la carcérale…) en cas d’échec.
Dans le domaine des évasions plus soft, on peut citer au choix mais sans limitation ni exhaustivité le sport, l’alcool ou la drogue, la création artistique, le rêve ou la médiation. Chacun peut trouver quelque part et en quelque chose chaussure à son pied, pour laisser s’exprimer son violon d’Ingres personnel, afin de pouvoir affronter le reste du temps ce qu’il tente de fuir ponctuellement. C’est juste une question de temps, de motivation, de courage, d’énergie, de disponibilité, d’engagement, enfin juste une question de détail quoi, pour quiconque est assez motivé pour mettre en œuvre son plan d’évasion.
Et enfin, y’a l’évasion finale, celle dont je laisse l’auteur du Grand Meaulnes parler : « Je cherche la clé des évasions vers ces pays désirés, et c'est peut-être la mort. »
Mais comment peut s’évader un gardien de prison militaire alors ???
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