14.11.11

Comme Uni ? Che?


Oui je sais, elle est facile, surtout si on se souvient ou on sait que la semaine dernière j’étais en Italie, pour une grand’messe des Ventes. Pour être une grand messe, c’était une grand messe : pensez donc : nous étions 4700 employés à être venus soutenir La Juv, non, la Roma… ah non, l’Inter bien sûr… Mais non, toujours pas, à venir écouter nos grands chefs nous dire à quel point nous avions été brillants, mais également qu’il faudrait faire mieux pour l’année qui débutait.  Et dans une telle grand messe des ventes, comme son nom l’indique, il y a des vendeurs, encore des vendeurs, toujours des vendeurs, mais aussi des patrons des ventes, encore des patrons des ventes, toujours des patrons des vente… Il y a donc certes des vendeurs et leurs patrons, mais il y a aussi quelques individus un peu plus atypiques, qui ne sont ni vendeurs ni patrons des ventes ou des vendeurs. De qui parle-je ? A votre avis ? Vous me connaissez assez pour savoir que sauf trauma crânien très très très traumatisant, il y a aussi peu de chance que je me retrouve vendeur, et encore moins patrons desdits vendeurs… Donc un des individus qui n’est ni vente ni patron des ventes est bien évidement votre serviteur.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit, je n’étais bien sûr pas le seul atypique de la sauterie, nous étions tout de même au moins une poignée, j’avais, par soucis de protection, fait venir ma team leader qui n’est pas plus engagée dans les ventes que moi, mais j’ai eu aussi la chance de rencontrer mes principaux clients, certains qui n’étaient pas non plus vente ou patron des… oui je sais, vous avec compris de quels patrons je parle

Et donc, quand un non vendeur ou assimilé se retrouve au milieu de vendeurs, ce n’est pas comme

Quand un vicomte
Rencontre un autre vicomte,
Qu'est-ce qu'ils se racontent?
Des histoires de vicomtes...

Non, ce n’est franchement pas ça, et j’aurais plutôt tendance à adhérer au refrain de ladite chanson, et à penser que
Chacun sur terre
Se fout, se fout,
Des petites misères
De son voisin du dessous.
Nos petites affaires
A nous, à nous
Nos petites affaires
C'est ce qui passe avant tout...
Malgré tout ce qu'on raconte
Partout, partout,
Qu'est-ce qui compte en fin de compte
Ce qui compte surtout c'est nous.
Chacun sur terre
Se fout, se fout,
Des petites misères
De son voisin du dessous.

« QUAND UN VICOMTE », Paroles: Jean Nohain, musique: Mireille, 1935

Donc quand un vendeur rencontre un autre vendeur, qu'est-ce qu'ils se racontent? Des histoires de vendeurs bien sur, mais quand un vendeur rencontre un non vendeur... ils n’ont pas grand-chose à se dire : les problématiques sont différentes, les attentes aussi, les pressions également, quant aux espérances d’un tel événement, n’en parlons pas…

Me retrouvant donc dans un endroit où je n’avais donc que peu d’intérêt direct à me trouver, j’en ai profité pour faire du « social networking » Qu’est ce donc ? Non, je n’ai pas passé tout mon temps sur Facebook, Google+, Viadeo, Linkedin ou tout autre réseau social, même si j’avoue que j’y suis passé, mais j’ai fait une chose moins, beaucoup moins courante : j’ai fait du « réseautage social » en réel, pas en virtuel… Non non, vous ne rêvez pas, ça existe encore : allez rencontrer des gens qu’on ne connait pas, ou alors juste par mail, messagerie instantanée et téléphone : après quelques recherches, j’ai en effet pu constater que certains de mes clients, non vendeurs ou assimilés, se trouvaient dans le même environnement que moi, plus ou moins aussi isolés que moi (selon leur niveau hiérarchique, même s’ils ne sont pas vendeurs, plus ils sont hauts, moins ils sont dispo…). J’ai donc pris mon bâton de pèlerin, et je suis parti à la recherche de mes clients. Il y en avait peu que je voulais rencontrer, seulement 3. Je ne vous dis pas, rencontrer 3 personnes au milieu de 4700, c’est pas comme l’aiguille dans la botte de foin, c’est en effet pire car l’aiguille ne se déplace pas, elle, alors que les individus si… Donc, faut ruser pour les rencontrer, surtout quand on ne les connait pas. Bon d’accord, on a nos noms sur les badges, mais 4700 badges a lire, ça prend du temps… Donc y’a différentes techniques : trouver une connaissance commune qui peut nous dire ou se trouve X ou Y, cerner la personne à coup de SMS et sonner l’hallali en donnant un lieu de rendez vous immanquable (immanquable = exactement devant la porte machin de la salle bidule, devant la fontaine à eau, et moi je suis habillé tout de noir, j’ai une rose rouge  entre les dents et le dernier roman de Barbara Cartland (moyen utilisé par une copine pour se faire reconnaître, salut Grisdine, enjoy Brazil…)). Si on n’est pas aussi précis, on se manque, je sais, j’ai cherché mon ex chef un bon moment avant de le retrouver grâce à la première partie des critères, la seconde, comme on se connaissait déjà, pensez, on s’est vu au moins 6 fois, y’en n’avait pas besoin. 

Mais là, c’était une plongée dans l’inconnu, car je n’avais même pas eu l’occasion de voir la photo des gens que je cherchais à rencontrer… Donc les éléments permettant la rencontre du 2ième type se devaient être aussi précis que possible.

Et ça a marché : toutes les personnes que je souhaitais rencontrer, j’ai eu l’opportunité de les rencontrer. Je ne vais pas entrer dans les détails de nos échanges, rares seraient celles et ceux qui pourraient comprendre la plus petite part de ceux-ci, et vous finiriez par vous demander si finalement j’ai la moindre bribe d’intelligence, ou si je divague gentiment, tout comme tous les invités de la maison des fous… 

Tout ça pour dire que la communication, c’est sans doute possible en utilisant tous les média modernes rendant la virtualité acceptable, mais en fait rien ne vaut 10 minutes de VRAIE discussion sur le ou les quelques points chauds, car ceux là vont nécessiter cent fois, mille fois plus d’investissement en temps, en énergie et en concentration si on les traite uniquement avec les moyens modernes, au détriment de ce bon vieux moyen qu’est la parole et la discussion en F2F comme on dit chez nous. J’ai donc usé et abusé de ce moyen archaïque, j’ai même étendu mon « social networking » en allant à la rencontre de mes grands chefs (ben oui, je sais que c’est une aberration, mais officiellement j’appartiens à « sales Ops », et donc je fais partie de la grande famille des vendeurs et patrons des vendeurs…) et en allant tailler le bout de gras avec eux sur un sujet qui m’est cher, non pas dans l’espoir d’une réponse positive à mes attentes, mais juste pour leur rappeler ou faire prendre conscience que même dans leurs départements, il y a des gens qui ne sont pas « vente », mais (quelle hérésie…) « Service ». Je ne sais pas ce qu’ils en retiendront, mais déjà ils m’auront situé, et se rappelleront de moi si je les recontacte, j’ai fait ce qu’il fallait pour…

M’enfin bon, rencontrer 3 clients et 2 chefs, cela ne nécessite pas 4 jours de balade milanaise, il a bien fallu s’occuper le reste du temps. Y’a bien eu quelques conférences plénières et autres ateliers en petit comité, sur des sujets, je l’avoue, relativement intéressant, mais heureusement il y a eu du temps pour se promener un peu dans cette ville que je ne connaissais pas. Bon d’accord, je n’ai pas eu le temps de me renseigner beaucoup avant, puisqu’en fait j’ai terminé la tapisserie de la chambre de Gabou 45 minutes avant de prendre mon train pour Paris, et qu’en 45 minutes j’ai du : me doucher, me raser, faire ma valise, dire au revoir aux enfants et tenter de ne rien oublier de vital… Donc bien sûr, pas eu le temps de me rencarder sur ce qui serait faisable, visible, ni même d’ailleurs sur où trouver des cadeaux pour tous les membres de la boîte à clous… Heureusement, mes errances m’ont conduit vers le magasin Ferrari (publicité gratuite), et j’ai trouvé de quoi plaire aux ptits clous, pour la « grande » clou, hélas, rien de réalisable… Je ne peux pas dire rien, puisque mes pas m’ont conduit vers Gucci, Cartier (hélas, publicité tout aussi gratuite, ils ne veulent pas me sponsoriser...), and so on, mais je n’ai fait que regarder hélas…

Et tout cela s’est achevé par un repas dans une trattoria franchement pas touristique, ou après le dessert, tant qu’il voit qu’on discute, le patron apporte des bouts d’omelette, de pizza, ou autres, et nous parle comme si on était des amis de longue date. Il était d’ailleurs persuadé que nous étions russe, et a même commencé à tenter de parler dans la langue de Tchekhov, ce qui a bien fait rire Elena, qui ne lui a pas dit que non, elle n’est pas russe, mais bulgare. Ce qui me rassure, c’est qu’elle ne l’a pas plus compris que moi quand il a capité que je suis français, ni même que les japonais qu’il a accueilli en comptant jusqu’à 3 dans la langue du pays du soleil levant… Mais bon, la communication marchait, et le vin était agréable, alors que demander de mieux ? 

Allez, arrivederci Milan, je en sais pas où sera la prochaine grand messe, mais ce fut bien agréable au final, malgré les inondations et grèves diverses et variées, sans doute lancées pour que les voisins cisalpins que nous sommes ne se sentent pas dépaysés…

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