1.2.12

Happiness is a cigar…


Vous souvenez vous de ces pubs, qui datent des années ou on ne brulait pas les fumeurs en place publique ? C’était une campagne menée par Hamlet (non, pas celui de to be or not to be…) qui était so british qu’il était impossible de ne pas aimer, enfin, pour quelqu’un comme moi…

Et y’avait quelque chose que je trouvais essentiel dans cette approche : happiness n’est pas uniquement un cigare, c’est sur, mais happiness est certainement une question de mindset. Pensez donc, regardez ces publicités : à chaque fois, tous les acteurs des différentes pubs ont un plus ou moins gros et douloureux problème. Mais pas grave, avec leur cigare, ils oublient tout le reste et enjoy happiness…

Quand on discute avec la majorité des gens, très souvent, ils vous disent « oui c’est le pied » ou « non c’est un cauchemar » mais si franchement on compare le pied du cauchemar, on se rend compte qu’il n’y a pas tant de différences que cela. Cela dépend de leur vision, de leurs valeurs, et de leurs buts.

Ainsi, au boulot, j’ai un client, qui connait très bien ma mission et mon rôle, puisqu’o na appartenu à la même équipe, et postulé aux même évolutions, avant qu’il ne s’oriente plus vers le business et moins vers le process. Ce collègue a sans doute comme plus gros défauts (si tant est que cela en soit dans le cadre du boulot) d’être pointilleux et exigeant : que ce soit de ses clients, ses propres employés ou ses fournisseurs, il  demande un niveau de qualité qui peut être pris comme étant une critique destructrice, mais qu’on peut également considérer comme quelque chose de positif, qui a pour but de faire évoluer les choses, de les améliorer and so on. Dans mon équipe, je dois sans cesse ressasser le même message et les forcer à adhérer à ma compréhension des remarques (parfois peu diplomatiques, pas trop étonnant quand on connait les origines de l‘individu en question)  qu’on peut recevoir de sa part et à y chercher la frange d'or que même le plus noir nuage a toujurs (souvenir de mes chants scouts...)

Il en va de même pour tout : je connais des gens, si je leur dis : « je te donne 5 kilos d’or à 750 millièmes » ils vont être dépités car ils auraient préféré du 916 millièmes. La différence est sans doute notable, mais s’ils étaient capables de changer de point de vue, ils pourraient se dire que c’est super, et déjà mieux que du 585 millièmes. Et si franchement ils avaient la bonne vision, ils se diraient « de l’or… » Non, ils jugent, apprécient, pour ne pas dire déprécient tout : ce qu’ils font, ce que les autres font, ce qu’ils obtiennent… Et cela les rend plus heureux ? J’en doute

Après, l’autre élément est, selon moi, les buts qu’ils se fixent : je connais des gens qui se disent « je veux être big boss dans x temps » et s’ils n’y arrivent pas, même si ils atteignent un niveau de middle boss ils se considèrent en situation d’échec cuisant. J’en connais d’autres qui se disent « je veux atteindre un certain niveau de responsabilité » et qui seront satisfaits de ce qu’ils obtiennent. Moi par exemple, je demande toujours beaucoup, mais je fais tout ce que je peux pour être content de ce que j’obtiens, que ce soit de moi, ou des autres.

Bon d’accord, c’est facile de dire qu’il faut être heureux de ce qu’on obtient, un cigare, un succès, une récompense, du plaisir… Mais en fait cela change quoi ? Tout dépend de ce qu’on souhaite voir comme changement : après des études sur l’état d’esprit des employés d’une grande société américaine (non, pas la maison des fous…) on a pu constater que l’état d’esprit des employés ne générait pas de profit en plus pour l’entreprise, et même que les employés qui fument le cigare, pardon, qui sont dans une hapiness vib’ n’étaient pas plus performants que ceux qui voient tout en gris ou en noir. Donc OK, professionnellement, autant être dans un smoke free environment, on n’aura pas de surprise, ni bonne ni mauvaise, tout le monde fait la tronche, et moi je suis ravi d’être télétravailleur… En revanche, au niveau personnel, je suis sur, sur et certain et convaincu que cela change tout : dans la vie de tous les jours, avec les amis, avec la famille, avec les enfants, si on feel the blues, cela se ressent forcément, alors que si on se rappelle qu’it can’t rain all the time, notre entourage le ressent, et tout le monde s’en sort normalement mieux, même Eric Draven en était convaincu, pourtant il avait un lourd passif...

Allez, puisque c’est ça, un cigare, un whiskey, et ca sera parfait pour achever une journée bien remplie…. ! Et si jamais moi cela me permet d'avoir mon happiness, je ne vois pas pourquoi je m'en priverais. Ce n'est pas un paradis artificiel tel que Charles nous le décrivait, c'est sans doute moins extrême, moins dangereux aussi, sauf si l'addiction devient aussi forte, car alors le plaisir laisse place au besoin, et le bonheur à la quête d'une satisfaction aussi artificielle qu’éphémère... Mais si on sait se contenter de cette tranche d'happiness, on en aura grand plaisir toujours, et on ne mourra pas dans les affres d'une insatisfaction chronique que rien ne peut combler...

Et flûte, j'avais oublié, pas de cigare pour moi, alors tant pis, on va se faire plaisir avec un bon petit irlandais, et ça sera mon happiness du soir... Sláinte  

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