Hier, pour écrire mon post, j’ai du partir à la recherche de mon précédent écrit sur les collectionneurs.
A cet effet, j’ai donc survolé mon blog, pas depuis sa création, mais pas loin tout de même. J’ai relu certains passages, parcouru des tonnes d’infos, d’annonces, de comportement, d’état, d’attente, de désir, d’accomplissement ou d’échec. Et y’a de quoi survoler : depuis le 18 février, pensez donc que j’ai écrit 146 messages, qu’environ 11.200 visiteurs (non uniques, faut pas exagérer…) sont venus tenter de décrypter.
En pensant à tout cela, j’avais commencé une réflexion sur le sujet, et tout à l’heure, Iglika (non non, c’est pas un surnom, c’est vraiment son prénom, faut sortir le soir, vous découvririez plein de choses…) commence à me dire qu’elle aime bien me lire car (je cite) « y’a parfois de vrais trésors dedans ». Bon elle a ajouté aussi sec « enlève ce sourire d’autosatisfaction de ta face »

Tout ça m’a amené à me poser la question, non pas générale, mais particulière et personnelle, du pourquoi du comment que j’alimente ce blog avec autant d’assiduité.
Bon d’accord, y’a des bloggeurs plus assidus que moi, je me souviens avoir lu un jour que pour captiver et capturer son audience, il faut écrire au minimum deux fois par semaine. J’aurais beau essayer, je ne pourrais pas produire une telle quantité, à moins de sortir la recette de la truffade, ou raconter que ce matin en me rasant je me suis coupé le menton… Quel intérêt, non ? En plus y’a plein de sites qui doivent parler de ça… « Google est mon ami » le confirme : 33.700 références à la truffade et tout de même 3.990 pour ce matin en me rasant je me suis coupé le menton… Intérêt des plus limités…
Je préfère donc « travailler à l’inspiration » et n’alimenter mon blog que quand j’ai quelque chose à dire.
Mais cela ne répond pas à la question première de savoir « pourquoi j’écris » ; Le « comment » ne nécessitant pas de long débat : en faisant se mouvoir mes petits doigts boudinés sur le clavier de la machine à frapper des mots.
"Pourquoi" est en effet une bonne question, à laquelle le bon vieux « pourquoi pas » n’est pas d’un grand intérêt, même si là encore il peut se poser comme élément de réponse.
Donc puisqu’on va éviter ce bateau (Oui Didine, je sais, je n’ai pas le pied marin, je ne devrais pas abuser des références nautiques…), on va tenter d’apporter une réponse, enfin des éléments de réponse, qui, je suis sûr, pourront être complétés au fil du temps
Avant de répondre à ce « Pourquoi », il faut bien poser le « Pour qui » dont la réponse est simple, puisque reposant sur trois éléments : moi (le soleil tournant autour de moi c’est on ne peut plus logique que je commence par la personne la plus importante au monde…), mes amis et les gens.
Une fois le « pour qui » acté, on peut se pencher sur le « pourquoi ». Et bien sûr, ce « pourquoi » est fortement lié au « pour qui ».
Donc on va traiter le sujet de la façon suivante et tenter de répondre à une question un peu plus complexe que ce simple « pourquoi » en lui substituant un « pourquoi j’écris pour X », d’accord ?
- pourquoi j’écris pour moi ? Bonne question, dans la mesure où je n’ai jamais tenu de journal intime, jamais eu la prétention d’écrire un livre, et n’étais même pas très doué en français à l’école. Qu’est ce que je retire de ces mots que je jette sur mon écran, et qui s’en vont polluer la toile, qui n’en demandait pas tant ? J’en retire deux choses, voire trois, qui font toute ma motivation :
o tout d’abord, écrire est un grand moment de détente : j’ai dans mes oreilles de la musique que j’aime (en ce moment c’est Nick Cave & the bad seeds) et je laisse mon esprit divaguer, en tentant d’y mettre un tant soit peu d’ordre, afin que le résultat ait un sens, fut-ce un sens interdit, mais un sens indiquant la direction vers laquelle je veux vous emmener. Car en effet, il y a un peu d’exhibitionnisme à alimenter comme cela un tel marathon de l’écriture (OK, je n’en suis pas encore à « Guerre et Paix »…), il est évident que si je n’avais pas de lecteurs, je ne m’évertuerais pas à mettre tout cela en ligne, ni même sur le papier virtuel de mon écran, et que cela resterait dans ma tête. Mais c’est de la pure détente, que de m’enfermer dans les méandres embrumés de mon cerveau pour en tirer quelque chose de cohérent (heu, ça c’est vite dit, mon petit…) puis laisser sortir tout cela en une explosion de mots, de sensations, de…
o ensuite écrire permet de donner une autre image de moi, image sans doute plus réelle et réaliste que celle que je peux donner quand on me voit. Je ne donnerais comme illustration de ce décalage entre être et paraître que la réaction d’un patron de syndicat au boulot, avec qui je parlais de statut et de positionnement dans la hiérarchie. A cette époque, il y a un siècle, je me battais pour obtenir ma reconnaissance au grade de « spécialiste » Le gus m’a regardé, et m’a dit « mais tu es au moins P3A toi »… Quand j’’ai répondu que j’étais loin de ça, simple petit « intermediate », il a halluciné et a hésité à me croire… L’habit ne fait pas le moine, mais il en donne l’odeur… (heu, ça a une odeur sui generis, un moine ?? t’as raison Iglika, faut que j’arrête de fumer la moquette…). Au moins quand j’écris, y’a que des mots, qui peuvent certes avoir plusieurs sens, surtout entre mes doigts, mais ce n’est pas sur la police de mon texte, sa taille ou sa couleur, que vous allez baser votre (tentative de) compréhension de mes écrits…
o enfin, écrire est avant tout un moment d’évasion : quand on jette quelque chose, on s’allège d’autant. On ne regarde pas où ca tombe, ni sur qui, on jette et on oublie (vive la génération kleenex…) Comme dirait l’autre, « j’y pense et puis j’oublie » (heu non, je pensais pas à Cloclo qui a aussi une chanson de ce titre, mais plutôt à mister Dutronc…) Moi, quand j’écris en effet, je jette tout sur l'écran, et de la sur la toire, et j’oublie presque aussi vite que ça a été frappé dans le marbre de la toile (heu, une toile en marbre, ça aussi, c’est pas très commun…). Mais ces choses sont sorties, et je peux y revenir, parfois même avec plaisir, tel a été le cas hier, comme déjà signalé. Je me suis allégé de tous ces mots, permettant à d’autres de venir prendre la place vacante (mon cerveau, tout comme la nature, a horreur du vide) et alimenter sans fin ce processus.
- Pourquoi j’écris pour les amis ? Pour leur plaisir, j’espère, avant toute chose. Si j’ai réussi a leur donner un moment de détente et de plaisir, j’aurais plus que largement atteint mon but. C’est d’ailleurs comme cela que tout a débuté : au commencement était le blog de la boulette, dont les propos originaux ont séduit certaines personnes, qui m’ont demandé d’élargir le périmètre couvert. Mais une boulette, ça ne parle que de son univers, ça a bien du mal à intégrer la dimension humaine dans son raisonnement. Il me fallait donc, afin de satisfaire la demande, créer un autre support, avec moins de frontières, ainsi sont nés les coups d’humeur. Depuis il faut bien que je continue, je n’aimerais pas décevoir mes fidèles lecteurs et lectrices. Je n’attends pas autre chose de la part de mes amis que des visites régulières, des commentaires me permettant de voir qu’ils et elles ne se sont pas endormis à la fin de la troisième ligne, mais sont toujours contents de leur visite, et si j’ai ça, cela ma va… Pourquoi écrirais-je dans l’attente d’autre chose, de leur part ? Si vous voyez d’autres raisons, je suis preneur, on en discutera autour d’un verre… virtuel !
- Pourquoi j’écris pour les autres ? Mais d’abord qui vous a dit que j’écrivais pour les autres ? Non non, je suis trop égoïste pour cela. Ils ne m’ont rien demandé, je ne leur demande rien, et ne leur fourni rien surtout. S’ils tombent par hasard sur mes délires, et qu’ils reviennent, cela deviendra des amis virtuels, s’ils ne font que passer, je ne vais pas m’attarder non plus, et ne rien faire pour (ni contre d’ailleurs) eux…Donc inspiré par Jean Sablon, j’ai tendance à dire à ceux la :
"Vous qui passez sans me voir
Sans même me dire bonsoir
Donnez-moi un peu d'espoir ce soir...
J'ai tant de peine
Vous, dont je guette un regard
Pour quelle raison ce soir
Passez-vous sans me voir ?
Un mot, je vais le dire : "Je vous aime"
C'est ridicule, c'est bohème,
C'est jeune et c'est triste aussi
Vous qui passez sans me voir
Sans me donner d'espoir
Adieu... Bonsoir..."
Tout ca pour dire que non, je n’écris pas par égoïsme, par égocentrisme, par recherche de gloire, ou d’une quelconque auto satisfaction, mais « pour le plaisir »… (Jean Sablon puis Herbert Léonard, il est temps que je m’arrête, ca commence à devenir limite, mes références…) : plaisir des uns, plaisir des autre, plaisir de moi certes aussi, mais plaisir avant toute chose.
Et tant que j’aurai du plaisir à l’écrire, et vous à le lire, je continuerai…