Pas de Lucrèce
pour commencer la semaine, pas de grande sortie métaphysico philosophique, ni même
de poésie dont la terre entière ne pourra que se souvenir, juste une chose qui
m’a faite sourire : dans ma messagerie ce matin, et complété d’un coup de
fil, un message d’un des animateurs de notre petite communauté paroissiale me
demandant d’être intervenant technique sur une discussion autour des réseaux
sociaux.
Je me suis donc
posé deux questions directement liées à ce sujet :
- Tout d’abord, suis-je un intervenant technique ? Cela soulève en préambule la question de savoir ce qu’est un intervenant technique. Intervenir, ça je sais faire, j’interviens souvent à tort et à travers d’ailleurs, normal puisque je sais… presque 15 ans dans l’univers informatique, du hardware au software, des produits à la maintenance, chez les plus grands noms de l’informatique à l’exclusion de la pomme, et du grand bleu, en effet cela peut signifier une certaine expertise … et qu’est ce qu’un expert ? A part le héro d’une série policière américaine, c’est juste quelqu’un qui s’est posé les mêmes questions que vous, 5 minutes avant vous, et qui a trouvé un commencement de réponse
- Ensuite, suis-je la bonne référence en matière de réseau social ? Bon d’accord, comme tout le monde, enfin comme presque tout le monde (ne compte-t-on pas bientôt un milliard d’utilisateurs ? ) j’ai un compte Facebook assez actif, j’ai également un compte Google+ qui ne fait que démarrer et dont je n’ai pas encore trouvé l’intérêt, donc qui est quasi inactif, mais qui est, j’ai plusieurs compte de messagerie instantanée, mais suis-je un pro du réseau social ?
Je vois juste une
faiblesse dans la question initiale : avant de savoir si je suis la bonne
personne ayant le bon contenu, je trouve qu’il faudrait élargir le débat :
Aujourd’hui, on n’envisage le « réseautage social » qu’au travers des
NTIC mais je ne suis pas d’accord avec cette limitation : le réseau social
est vieux comme mes robes comme dirait l’autre : il s’agit de tout
regroupement de personnes partageant des intérêts communs, on peut donc
logiquement y associer le club de dentelières du Puy de votre grand-mère, celui
de bridge de votre grand-père, ou beaucoup d’autre associations à but non
lucratif.
Quelle est donc
la plus grande différence entre le club de dentelières du Puy de votre
grand-mère et la liste de vos amis sur Facebook ? Il y en a bien sur
plusieurs, mais je pense qu’on ne peut pas passer à côté de quelques unes plus
flagrantes : - Tout d’abord, les dentelières sont réellement unies par quelque chose de tangible, partagent une même passion, ont un but commun, qui peut être de recouvrir le pont Alexandre III de dentelle du Puy par exemple
- Ensuite, les dentelières se connaissent réellement et pas uniquement virtuellement
- Enfin, les dentelières peuvent se regrouper physiquement autour de leur carreau, leur fuseau en main pour échanger des cartons qui ne leur servent pas
Si tant est qu’on se limite aux réseaux sociaux
virtuels et immatériels, dans lesquels j’excelle plus que dans les matériels,
nous allons admettre que je ne suis sans doute pas le plus mauvais « sachant
technique » que recherche mon interlocuteur, dans la mesure où j’ai d’une
part un certain recul en la matière, ayant commencé à les fréquenter à la fin
des années 80 et d’autre part une approche sécuritaire de ces outils. Non,
je ne suis pas parano, loin de la, mais justement, après plus de 20 ans de
fréquentation de ces réseaux, j’ai un peu appris à les connaître, à sentir les
tricheurs, les manipulateurs, les faux semblants and so on, et j’ai défini mon ensemble de
règles desquels je ne cherche pas à déroger.
C’est justement sans doute la plus grosse
erreur des utilisateurs de ces réseaux : comme ils sont considérés comme
des espaces de liberté, leurs « utilisateurs » considèrent d’une part
qu’ils peuvent tout y faire, et d’autre part ils le font sans conséquence ni
obligation de leur part … Ce qu’ils y mettent est portant mis à la disposition
de la communauté, mais ça ils ne veulent pas l’admettre…
M’enfin bon, pourquoi demander aux gens d’être
plus intelligents dans la vie virtuelle que dans la vie réelle ? Je dis parfois
de ces inepties, aussi grosses si ce n’est plus, que moi… l’anonymat supposé de
la virtualité est tel que jamais au grand jamais les gens ne vont penser que ce
qu’ils mettent de base ne leur appartient plus. Non, ce n’est pas une perte
complète de propriété, mais juste une mise à disposition de la communauté… Et
quelle communauté : sans limite ou presque, sans règle ou presque, sans
but ou presque… Mais bon, malgré toutes les informations qu’on peut trouver ici
ou la, malgré tous les warnings, rien n’y fait, la plupart des gens n’imagine
pas devoir se protéger… No comment…
Bon pas grave, je ne serai pas le « sachant
technique » recherché, pour une very simple reason : on me demandait
de passer 45 minutes de mon temps de
10.30 à 11.15 mercredi pour un reportage de 5 minutes, et c’est un tout petit
peu pas possible vu mon agenda… Ben oui mais c’était pour satisfaire une mère
de famille qui ne pouvait pas se libérer autrement… Pas grave, je n’aurai pas
mon quart d’heure de gloire cette fois ci encore …







