19.3.12

DE RERUM NATURA



Pas de Lucrèce pour commencer la semaine, pas de grande sortie métaphysico philosophique, ni même de poésie dont la terre entière ne pourra que se souvenir, juste une chose qui m’a faite sourire : dans ma messagerie ce matin, et complété d’un coup de fil, un message d’un des animateurs de notre petite communauté paroissiale me demandant d’être intervenant technique sur une discussion autour des réseaux sociaux.

Je me suis donc posé deux questions directement liées à ce sujet :
  • Tout d’abord, suis-je un intervenant technique ? Cela soulève en préambule la question de savoir ce qu’est un intervenant technique. Intervenir, ça je sais faire, j’interviens souvent à tort et à travers d’ailleurs, normal puisque je sais… presque 15 ans dans l’univers informatique, du hardware au software, des produits à la maintenance, chez les plus grands noms de l’informatique à l’exclusion de la pomme, et du grand bleu, en effet cela peut signifier une certaine expertise … et qu’est ce qu’un expert ? A part le héro d’une série policière américaine, c’est juste quelqu’un qui s’est posé les mêmes questions que vous, 5 minutes avant vous, et qui a trouvé un commencement de réponse
  • Ensuite, suis-je la bonne référence en matière de réseau social ? Bon d’accord, comme tout le monde, enfin comme presque tout le monde (ne compte-t-on pas bientôt un milliard d’utilisateurs ? ) j’ai un compte Facebook assez actif, j’ai également un compte Google+ qui ne fait que démarrer et dont je n’ai pas encore trouvé l’intérêt, donc qui est quasi inactif, mais qui est, j’ai plusieurs compte de messagerie instantanée, mais suis-je un pro du réseau social ?

Je vois juste une faiblesse dans la question initiale : avant de savoir si je suis la bonne personne ayant le bon contenu, je trouve qu’il faudrait élargir le débat : Aujourd’hui, on n’envisage le « réseautage social » qu’au travers des NTIC mais je ne suis pas d’accord avec cette limitation : le réseau social est vieux comme mes robes comme dirait l’autre : il s’agit de tout regroupement de personnes partageant des intérêts communs, on peut donc logiquement y associer le club de dentelières du Puy de votre grand-mère, celui de bridge de votre grand-père, ou beaucoup d’autre associations à but non lucratif.

Quelle est donc la plus grande différence entre le club de dentelières du Puy de votre grand-mère et la liste de vos amis sur Facebook ? Il y en a bien sur plusieurs, mais je pense qu’on ne peut pas passer à côté de quelques unes plus flagrantes :
  • Tout d’abord, les dentelières sont réellement unies par quelque chose de tangible, partagent une même passion, ont un but commun, qui peut être de recouvrir le pont Alexandre III de dentelle du Puy par exemple
  •  Ensuite, les dentelières se connaissent réellement et pas uniquement virtuellement
  •  Enfin, les dentelières peuvent se regrouper physiquement  autour de leur carreau, leur fuseau en main pour échanger des cartons qui ne leur servent pas    



Si tant est qu’on se limite aux réseaux sociaux virtuels et immatériels, dans lesquels j’excelle plus que dans les matériels, nous allons admettre que je ne suis sans doute pas le plus mauvais « sachant technique » que recherche mon interlocuteur, dans la mesure où j’ai d’une part un certain recul en la matière, ayant commencé à les fréquenter à la fin des années 80 et d’autre part  une approche sécuritaire de ces outils. Non, je ne suis pas parano, loin de la, mais justement, après plus de 20 ans de fréquentation de ces réseaux, j’ai un peu appris à les connaître, à sentir les tricheurs, les manipulateurs, les faux semblants  and so on, et j’ai défini mon ensemble de règles desquels je ne cherche pas à déroger.

C’est justement sans doute la plus grosse erreur des utilisateurs de ces réseaux : comme ils sont considérés comme des espaces de liberté, leurs « utilisateurs » considèrent d’une part qu’ils peuvent tout y faire, et d’autre part ils le font sans conséquence ni obligation de leur part … Ce qu’ils y mettent est portant mis à la disposition de la communauté, mais ça ils ne veulent pas l’admettre…

M’enfin bon, pourquoi demander aux gens d’être plus intelligents dans la vie virtuelle que dans la vie réelle ? Je dis parfois de ces inepties, aussi grosses si ce n’est plus, que moi… l’anonymat supposé de la virtualité est tel que jamais au grand jamais les gens ne vont penser que ce qu’ils mettent de base ne leur appartient plus. Non, ce n’est pas une perte complète de propriété, mais juste une mise à disposition de la communauté… Et quelle communauté : sans limite ou presque, sans règle ou presque, sans but ou presque… Mais bon, malgré toutes les informations qu’on peut trouver ici ou la, malgré tous les warnings, rien n’y fait, la plupart des gens n’imagine pas devoir se protéger… No comment…

Bon pas grave, je ne serai pas le « sachant technique » recherché, pour une very simple reason : on me demandait de passer  45 minutes de mon temps de 10.30 à 11.15 mercredi pour un reportage de 5 minutes, et c’est un tout petit peu pas possible vu mon agenda… Ben oui mais c’était pour satisfaire une mère de famille qui ne pouvait pas se libérer autrement… Pas grave, je n’aurai pas mon quart d’heure de gloire cette fois ci encore …


8.3.12

Merry Christmas Mister Laurence


Quand on y réfléchit, on se dit que c’est pas si mal, non ? Pensez donc, y’a à peine plus de 3 ans, je vous baratinais sur mon désir Iznogoodien d’être Khalife à la place du Khalife, désire qui a été réalisé sans la lampe d’Aladin ni le recours à un génie autre que le mien bien sur (bon je sais, ma modestie n’a d’égales que ma beauté et mon intelligence…).

Et trois ans plus tard, ou suis-je ? Bon j’ai fini Khalife à la place du…, ça vous vous en souvenez si vous me suivez de prêt mes élucubration non Antonioniennes. Donc on peut dire que le but était atteint, la victoire acquise, tout allait bien.

Pourtant, en trois ans, les choses évoluent, les gens aussi. Enfin normalement. Et moi j’ai pas eu envie d’en rester là, Khalife à la… oui vous savez de quoi je parle.

En trois ans, j’ai donc embarqué mon équipe avec moi, je leur ai fait quitter un relatif confort intellectuel et professionnel, pour les « forcer » à me suivre dans une sacrée expérience, dans un road movie assez flippant, où il n’y a pas de retour vers le futur possible. Lorsque j’ai pensé ce changement, je suis partie le vendre à qui de droit, et non sans mal mon offre a été achetée. D’abord petitement, puis grâce au bon sponsor, par un plus grand client. Une fois la vente conclue, il a fallu délivrer bien sur. Là je me suis retourné vers mon équipe, et à tous je leur ai posé la même question de façon relativement simpliste : « tu veux venir avec moi, bosser plus, apprendre plus, galérer et en baver plus pour un jour peut être avoir de la reconnaissance ou tu veux rester où tu es, sans beaucoup de possibilités d’évolutions, tant personnelles que professionnelles, mais dans un calme et un confort rassurant ? » A l’époque, les 8 personnes qui travaillaient pour moi m’ont suivi, et trois ans plus tard, ils sont encore 7 à me suivre. Le 8ième est parti pour des raisons personnelles non liées à ce que je lui proposais, et à dire vrai, je comprends pourquoi il a pris cette décision. A part ce départ, mes 七人の侍 sont toujours là, et toujours aussi remuants d’ailleurs. On a bien 島田 勘兵衛, 菊千代, 片山 五郎兵衛, 久蔵, 林田 平八, 七郎次 et岡本 勝四郎. Ca aurait été plus simple de les comparer aux 7 nains, mais ce ne sont franchement pas des nains, et on ne peut que très difficilement me comparer à Blanche Neige. Enfin si, on peut me comparer à elle, mais il y aura tellement peu de points communs que la comparaison sera assez vaine.

Mes sept samouraïs, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, ne sont pas allés rétablir la paix dans un petit village d’irréductibles Gaulois ou de Chine d’ailleurs, mais ils ont relevé le challenge. L’équipe a grandi, j’ai maintenant 9 samouraïs dans cette première équipe, j’en ai 7 autres qui m’ont rejoint sur une activité que j’ai absorbée, mais mes 7 samouraïs initiaux n’ont pas du tout envie de quitter leur Blanche Neige, enfin je le pense.

Pourtant, sur ces trois dernières années, ce que je leur ai demandé, ce que je me suis imposé, n’a pas été une partie de plaisir n’est toujours pas une partie de plaisir, demande des efforts en veux tu en voila…

Mais une chose est claire : après trois ans, on peut noter qu’on a fait des choses : on a réussi a mettre en place et faire reconnaître un modèle que beaucoup voyaient voué  à l’échec avant même son lancement, on a réussi a grandir, on a réussi a prendre des parts de marché, à se rendre utile pour nos clients, et on a encore plein de possibilités de croître. Bien sur, cela veut dire encore des efforts, encore de la tension, encore de la prospection, de la vente, du service à délivrer, avec encore des retard dans la reconnaissance, mais au moins on sait que ladite reconnaissance n’est pas qu’un mot, qu’elle peut arriver avec persévérance et en montrant notre qualité…

J’ai d’ailleurs un souci à ce sujet : ce que j’ai fait depuis deux ans et quelques, je l’avais mis en balance avec certaine reconnaissance de la part de mon chef, reconnaissance que j’ai eue puisque je ne suis plus seulement khalife à la place du… mais presque sultan moi-même (merci chef…) Et donc maintenant que même le khalifat est atteint et dépassé, alors que le sultanat s’offre à moi (bon, pas tout de suite, faut pas exagérer, et personnellement je ne suis pas convaincu du bien fondé de me lancer dans ce nouveau projet), je me retruve avec un gros, un énorme problème existentiel : que puis je demander à chef chef ?

Bon je ne sais pas encore ce que ce sera, mais une chose est sûre : quoi que ce soit, je continuerai à demander, et quoi que j’obtienne, je saurai m’en contenter…

Et pour celles et ceux qui se demanderaient quel est le rapport entre ce post et son titre, il s'agit juste d'une association d'idées brumeuse qui est partie des 7 samouraïs pour finir chez Bowie, en s'arrêtant à ce magnifiquement dérangeant film qu'est Furyo, dont le titre original est celui repris dans ce post... Oui je sais, faut suivre....

19.2.12

La grippe


L’avantage, à avoir choppé une bonne grippe, c’est qu’on passe son temps au lit, tout le temps qu’on peut : ainsi, sur les dernières 72h, j’ai du en passer 40 au lit… Bon d’accord, ce ne sont pas forcément les 40 plus agréables heures qu’on puisse imaginer, mais elles ont atteint leurs buts : elles ont non seulement permis de surmonter la crise, mais aussi de tenter de me reposer. Il faut dire que lorsqu’on est cloué avec presque 40 de fièvre, mal dans toutes les articulations, et la tête qui va exploser, il n’y a pas grand-chose d’autre qu’on puisse faire. 

Comme c’était mon cas, je me suis donc livré à cette activité normalement fort agréable qui consiste a rester dans son lit à attendre de pouvoir faire autre chose, une bouteille d’eau a côté de moi, et un lit trempé, à croire que mon matelas d’eau avait crevé… Mais non, nous n’avons pas encore changé de matelas, et même quand on le fera, ce ne sera pas pour ce type de produit, madame arguant encore du fait que de par la différence de poids si pour moi la couche d’eau a la douceur d’une couche d’eau, pour elle, cela ressemble plus a du béton, et le béton, ce n’est pas terrible pour dormir dessus.

Et que fait-on normalement quand on est allongé a ne rien faire ? Ben la logique veut qu’on savoure, on se relaxe, on réfléchit, on se pose, on se projette, on projette, on imagine, on analyse, on compare, on fait un bilan, enfin on se livre a un travail mental ou intellectuel  que la non activité physique facilite grandement. Et avec 40 degrés de fièvre, ou presque, l’idée même d’activité physique est impossible à idéaliser, je n’ose imaginer ce que ça peut être que de la conceptualiser, dans l’idée même de la réaliser… Et l’idée de réaliser une idée d’activité physique, c’est idéalement idéal peut être, mais réalistement irréaliste.

Je me suis donc retrouvé pendant 40 heures en tant que légume dans un bain d’eau, situation peu réjouissante s’il en est, et qui me confirme que je ne tien pas du tout à me réincarner en légume à fondue chinoise dans ma future vie.

Ne pouvant donc pas me livrer à une quelconque activité nécessitant le recours au moindre muscle (pour info, même cligner des yeux ou bailler faisait un mal de chien…), j’aurais donc du me livrer aux activités mentales et intellectuelles susmentionnées,  et qui, en temps normal génèrent chez moi un plaisir des plus jouissifs qu’il soit, d’autant qu’il est essentiellement égoïste et son degré de satisfaction  dépendant que de mon propre jugement…

Hélas, si « la grippe vous va si bien » il n’est pas dit, bien au contraire, qu’elle va bien au cerveau et à toute activité nécessitant un recours à celui-ci. Il était totalement impossible d’aligner deux pensées cohérentes de suite, au point que j’ai du me faire mettre en arrêt de travail, ce qui est un comble quand on travaille à domicile : si je ne peux pas être sur mon lieu de travail = mon lieu de vie, je ne peux donc naturellement pas être sur mon lieu de vie = mon lieu de travail… Aurais-je du aller à l’hôtel ?  Ça aurait sans doute été plus reposant, je l’avoue… Car le point essentiel que je n’ai pas évoqué jusqu’à présent est que ma situation au regard de la grippe n’était pas monopolistique, madame a atteint toute la boîte à clous : Ralph et Gabou en début de semaine, qui en sortent à peine, Mape vendredi, qui n’est franchement pas brillante aujourd’hui, et finalement Pierrot Lapin qui se réveille gentiment ce matin avec un petit 39.2 et qui est une vraie bouillotte sur mes genoux à l’instant présent, tellement sonné par sa visiteuse que pour une fois il est calme, pour ne pas dire atone et atonique… On l’a souhaité, car c’était inhumain de le voir courir partout à 200% d’énergie quand nous on était difficilement a 1%... Comme dirait l’autre « méfiez vous de vos souhaits, ils pourraient se réaliser » Ils se sont réalisés Et je l’avoue, ne pas pouvoir le décoller d’un pouce, c’est presque aussi contraignant, même si c’est moins fatigant….

Bon c’est pas grave, moi j’en suis sorti, sans franchir le parcour grippal classique, le V pas pour Vendetta mais pour la courbe de fièvre : 2 jours hauts (ça j’ai fait) suivi par un jour bas (la rémission, que j’ai eue aussi) et s’achevant par un certain nombre de jours (1, 2, 3, 4 ou plus) hauts et enfin 2 semaines de fatigue et de toux mortelle de vieux catarrheux tuberculeux. Bon pour la fatigue, ça va, ça n’es t pas un changement ni une nouveauté, et je vais avoir une petite semaine a Sofia et une autre à Prague pour me reposer. Les quintes de toux sont bien la, je vais juste tenter de laisser mes poumons a l’intérieur et tout le reste a l’extérieur…

Donc dans l’ensemble, mis à part ces deux jours d’interruption momentanée du son et de l’image, je m’en sors pas trop mal.. Reste a remettre les autres sur pied et ça sera parfait… Mais un conseil : si vous voulez savourer vos vacances d’hiver, au ski ou ailleurs, évitez la boite à clous pour le moment…

Et pour ceux qui n’auraient pas cliqué sur le lien proposé, voici les paroles de cette chanson si encourageante sur la Grippe, merci Boris Vian …

« La grippe vous va très bien
M'a dit mon amant ce soir
Ça vous donne un joli teint
Ça vous va bien mieux que le noir
Ma grippe vous va très bien.
Souffrez que je tousse un peu
Lui ai-je dit d'un air doux
Souffrez que je souffre un peu
J'ai parfois très mauvais goût
Souffrez que je souffre un peu.

Quand vous souffrez mon amie
M'a répondu mon amant
Vous ressemblez à la pluie
Je trouve ça très seyant
Quand vous souffrez mon amie.
J'ai un peu peur ai-je dit
Que les larmes me vieillissent
J'ai un peu peur aussi
Que la fièvre m'enlaidisse
J'ai un peu peur ai-je dit.

Elles vous vont comme un gant
Vous savez bien que vos larmes
Me plaisent beaucoup vraiment
Votre fièvre a bien du charme
Elles vous vont comme un gant.

Ah vraiment je suis trop maigre
Je sens que je m'affaiblis
N'avez-vous pas de vinaigre
Voyez mes bras ai-je dit
Ah vraiment je suis trop maigre.
Mais ces os vous vont très bien
M'a répondu mon amant
Ne vous inquiétez de rien
Ça vous donne un air troublant
La mort vous ira très bien »

1.2.12

Happiness is a cigar…


Vous souvenez vous de ces pubs, qui datent des années ou on ne brulait pas les fumeurs en place publique ? C’était une campagne menée par Hamlet (non, pas celui de to be or not to be…) qui était so british qu’il était impossible de ne pas aimer, enfin, pour quelqu’un comme moi…

Et y’avait quelque chose que je trouvais essentiel dans cette approche : happiness n’est pas uniquement un cigare, c’est sur, mais happiness est certainement une question de mindset. Pensez donc, regardez ces publicités : à chaque fois, tous les acteurs des différentes pubs ont un plus ou moins gros et douloureux problème. Mais pas grave, avec leur cigare, ils oublient tout le reste et enjoy happiness…

Quand on discute avec la majorité des gens, très souvent, ils vous disent « oui c’est le pied » ou « non c’est un cauchemar » mais si franchement on compare le pied du cauchemar, on se rend compte qu’il n’y a pas tant de différences que cela. Cela dépend de leur vision, de leurs valeurs, et de leurs buts.

Ainsi, au boulot, j’ai un client, qui connait très bien ma mission et mon rôle, puisqu’o na appartenu à la même équipe, et postulé aux même évolutions, avant qu’il ne s’oriente plus vers le business et moins vers le process. Ce collègue a sans doute comme plus gros défauts (si tant est que cela en soit dans le cadre du boulot) d’être pointilleux et exigeant : que ce soit de ses clients, ses propres employés ou ses fournisseurs, il  demande un niveau de qualité qui peut être pris comme étant une critique destructrice, mais qu’on peut également considérer comme quelque chose de positif, qui a pour but de faire évoluer les choses, de les améliorer and so on. Dans mon équipe, je dois sans cesse ressasser le même message et les forcer à adhérer à ma compréhension des remarques (parfois peu diplomatiques, pas trop étonnant quand on connait les origines de l‘individu en question)  qu’on peut recevoir de sa part et à y chercher la frange d'or que même le plus noir nuage a toujurs (souvenir de mes chants scouts...)

Il en va de même pour tout : je connais des gens, si je leur dis : « je te donne 5 kilos d’or à 750 millièmes » ils vont être dépités car ils auraient préféré du 916 millièmes. La différence est sans doute notable, mais s’ils étaient capables de changer de point de vue, ils pourraient se dire que c’est super, et déjà mieux que du 585 millièmes. Et si franchement ils avaient la bonne vision, ils se diraient « de l’or… » Non, ils jugent, apprécient, pour ne pas dire déprécient tout : ce qu’ils font, ce que les autres font, ce qu’ils obtiennent… Et cela les rend plus heureux ? J’en doute

Après, l’autre élément est, selon moi, les buts qu’ils se fixent : je connais des gens qui se disent « je veux être big boss dans x temps » et s’ils n’y arrivent pas, même si ils atteignent un niveau de middle boss ils se considèrent en situation d’échec cuisant. J’en connais d’autres qui se disent « je veux atteindre un certain niveau de responsabilité » et qui seront satisfaits de ce qu’ils obtiennent. Moi par exemple, je demande toujours beaucoup, mais je fais tout ce que je peux pour être content de ce que j’obtiens, que ce soit de moi, ou des autres.

Bon d’accord, c’est facile de dire qu’il faut être heureux de ce qu’on obtient, un cigare, un succès, une récompense, du plaisir… Mais en fait cela change quoi ? Tout dépend de ce qu’on souhaite voir comme changement : après des études sur l’état d’esprit des employés d’une grande société américaine (non, pas la maison des fous…) on a pu constater que l’état d’esprit des employés ne générait pas de profit en plus pour l’entreprise, et même que les employés qui fument le cigare, pardon, qui sont dans une hapiness vib’ n’étaient pas plus performants que ceux qui voient tout en gris ou en noir. Donc OK, professionnellement, autant être dans un smoke free environment, on n’aura pas de surprise, ni bonne ni mauvaise, tout le monde fait la tronche, et moi je suis ravi d’être télétravailleur… En revanche, au niveau personnel, je suis sur, sur et certain et convaincu que cela change tout : dans la vie de tous les jours, avec les amis, avec la famille, avec les enfants, si on feel the blues, cela se ressent forcément, alors que si on se rappelle qu’it can’t rain all the time, notre entourage le ressent, et tout le monde s’en sort normalement mieux, même Eric Draven en était convaincu, pourtant il avait un lourd passif...

Allez, puisque c’est ça, un cigare, un whiskey, et ca sera parfait pour achever une journée bien remplie…. ! Et si jamais moi cela me permet d'avoir mon happiness, je ne vois pas pourquoi je m'en priverais. Ce n'est pas un paradis artificiel tel que Charles nous le décrivait, c'est sans doute moins extrême, moins dangereux aussi, sauf si l'addiction devient aussi forte, car alors le plaisir laisse place au besoin, et le bonheur à la quête d'une satisfaction aussi artificielle qu’éphémère... Mais si on sait se contenter de cette tranche d'happiness, on en aura grand plaisir toujours, et on ne mourra pas dans les affres d'une insatisfaction chronique que rien ne peut combler...

Et flûte, j'avais oublié, pas de cigare pour moi, alors tant pis, on va se faire plaisir avec un bon petit irlandais, et ça sera mon happiness du soir... Sláinte  

8.1.12

J- 347


Non non, il ne s’agit pas du délai d’ici à mes prochaines vacances, du temps qu’il reste à tenir avant la naissance d’un quatrième petit clou (chose totalement improbable, je vous rassure) ou du prochain Noel dont les ptits clous déjà existants me parlent déjà, alors qu’ils n’ont pas fini de digérer les cadeaux reçus fournis par un papa Noel as usual hyper généreux, ni même de l’ouverture d’un super centre commercial, d’un parc festif , ou d’un complexe hôtelier de hyper standing en plein cœur de la Beauce.

Il ne s’agit bien sur que, vous l’avez évidement deviné, du temps qu’il nous reste à vivre avant LA Fin du Monde… Bon, des fins du monde, on en a prédit plusieurs centaines, au cours des âges : les plus célebres sont sans doute l’An Mille ou son double, l’an Deux Mil, et plus exactement l’an 1999 si l’on veut croire Nostradamus. Luther avait prévu l’an 1600, et Christophe Colomb quant à lui pensait que ce serait pour 1658. Bernouilli (celui de l’effet) évoquait 1719 et même Newton se ralliait à Nostradamus pour dire que 2000 serait la fin. En ce qui concerne ces deux derniers, ils ont aussi évoqué la date de 2060 ou 3797 mais de toutes façons comme c’est pour entre le 20 et le 23 décembre 2012, y’aura plus personne pour constater qu’ils se sont trompés, donc on peut considérer qu’ils ont raison par défaut et par contumace.

Car là, en plus, c’est du sérieux, pensez donc, c’est dans le calendrier des Mayas qui s’arrête à cette date, ou plus exactement c’est la fin du quatrième cycle long.  Ils ont un super calendrier, les mayas, dont on connait très bien le premier jour du premier cycle : il s’agit du 11 Août 3114 avant JC. On ne va pas discuter sur la pertinence du jours zéro de notre calendrier, ni épiloguer 107 ans sur la date de naissance exacte de JC, il est né au début, c'est sur, donc le début est sa naissance, donc le calendrier est by force exact donc le lien entre les calendriers maya, julien, grégorien, et révolutionnaire est exact donc le commencement est bien le 11 Août 3114 avant Lui selon les Mayas et la fin est tout aussi certaine selon les mayas catholiques révolutionnaires.

Mais avouons le, il faut être maya pour s’y retrouver dans la date exacte de la fin du monde, car si on se penche sur la question, on constate tout d’abord que le calendrier « à cycle long » n’est pas le seul que lesdits mayas employaient, ils avaient aussi un calendrier dit « Tzolk’in » de 260 jours et un autre dit « haab » de 365… La multiplicité de ces calendrier explique pourquoi les mayas ne prenaient jamais de congés payés et n’étaient pas enclins à poser de RTT, car ils étaient souvent en conflit avec le management, les RH et le système paye, n’arrivant pas à concilier le tout.

Mais bon, on connait bien le premier jour du premier cycle, on a pu scientifiquement vérifier par datation au carbone 14 que tout a commencé en ce fameux 13.0.0.0.0 4 Ahau 8 Cumku, même si c’est à une heure pas exactement définie. Donc en corrélant tout cela avec le calendrier Julien, le Grégorien, et en prenant comme référentiel le calendrier révolutionnaire qui place ce premier jour du premier cycle le sextidi thermidor, decade 33 de l’an – 5017, il est évident que la fin du monde est pour demain, enfin dans 348 demain, ± 1.

Donc une fois accepté le fait que dans quelques jours il n’y aura plus besoin de se lever, plus besoin de prendre le train, la voiture, le vélo, la moto ou le scooter pour aller au turbin, puisqu’il n’y aura d’ailleurs plus de turbin ni plus rien d’autre, une fois accepté que la c’est la der des ders, que faire de ces 348  ± 1 jours qu’il nous reste à vivre ? Et que vous souhaiter ? Non c’est vrai, l’an dernier, je n’avais aucun scrupule à vous souhaiter amour, santé, succès and so on… Mais pour plus ou moins 348 jours, les priorités risquent de ne plus exactement être les mêmes… Bon c’est pas grave, de toutes façon il nous reste tout de même presque une année à tenir, donc les vœux à émettre sont quasi complets, et on ne va pas chicaner pour seulement 10 jours en moins dans l’année, n’est il pas ?


Alors que 2012 vous apporte tout ce que vous souhaitez, quelle que soit sa durée, et que vous ayez plein de réussite cette année, dans tous les domaines qui vous tiennent à cœur. Et le 24 décembre prochain, en vous réveillant, savourez par avance le réveillon qui s’annonce, et la joie que cet événement hautement prévisible se doit d’apporter dans le cœur de tout le monde, petits et grands. Et si par malheur les Mayas avaient raison, je vous souhaite de vivre pleinement cette année, afin de n’avoir aucun regret au moment de la fin, qu’elle soit à l’échelon du monde ou de quoi que ce soit à un niveau un peu plus personnel


 Spécial dernière intox info flash : La prophétie annonçant la fin du monde en 2012 est fausse, reposant sur une erreur de calcul : Après correction, la date exacte n’est pas avant au moins deux siècle, plus exactement 208 ans : en 2220, ont déclaré de très sérieux scientifiques dans le numéro de novembre de la revue Natuurwetenschap & Techniek. Les alarmistes se sont basés sur le calendrier Maya qui s’arrêterait le 21 décembre 2012, et en ont déduit qu’à cette date ce serait la fin du monde. Toujours selon NWT, une recherche récente d’archéologues, d’astronomes et de scientifiques a démontré que cette date est fantaisiste car le calendrier des Mayas se termine deux siècles plus tard que selon les premiers calculs, il n’y a donc vraiment aucune raison que je m’alarme… Après moi, le déluge !

12.12.11

Coup de mou...


Y ‘a des fois où, avec la meilleure volonté du monde, on n’arrive pas à faire démarrer la machine… Plus de batterie, allumeur grillé, bougies encrassées, carburateur rempli de sable, je ne parle pas de l’état des soupapes, quant au joint de culasse, cela fait longtemps que c’est un souvenir… On peut pousser, tirer, pester, râler, prendre le ciel  témoin, rien n’y fait, cela ne peut pas démarrer…

Ce n’est pourtant pas une question d’envie, mais juste de possible. Et quoi qu’on en dise, quoi qu’on en pense, quand il ne s’agit pas de mécanique, mais d’humain, on a beau avoir une mécanique, enfin une « humanique » (je ne vais pas parler l’humanité, cela serait un bien grand mot, et peu de gens peuvent se targuer d’en avoir une, quant à en avoir plusieurs*, même si les diplômes foisonnent, je n’en trouve pas souvent l’once du commencement de l’origine de l’essence) en bon état, sans la volonté, nul ne peut démarrer. 

Coup de mou, coup de calcaire, coup de spleen ou coup de blues, quoi qu’il en soit, y’a bien eu coup, coup qui fait mal, c’est certainement la raison de cette panne d’essence, de cette panne de sens, qui n’incite pas à commencer à bosser, à être productif, à fonctionner, à construire.

Bon, cela ne veut pas dire que je n’ai rien fait de ma journée, loin s’en faut, bien sur. Bien au contraire même, les enfants présents ou non n’ont pas été un souci, je n’ai même pas eu beaucoup  sortir pour faire ma balade à l’école, rien ou peu n’a perturbé mon agenda de bon petit travailleur. Et oui j’ai fait des choses, plein de choses : pensez, j’ai commencé la journée avec 156 mails en attente de traitement, et je l’ai terminée bien plus tard avec seulement 26 qui attendent que je me penche sur eux pour décider du traitement qui les attend : classement sans suite, réponse, transmission. Donc en effet, je ne suis pas resté les deux pieds dans le même sabot, ou plutôt les deux mains dans la même moufle !

Mais pour autant, ce que j’ai fait n’a pas été fait avec entrain, avec plaisir, avec bon humeur, seulement parce que cela devait être fait. J’ai joué au c.. envers plusieurs personnes, refusant de les comprendre ou de les aider, me cachant derrière le process, derrière les règles, plutôt que de faire comme d’habitude, de mon mieux pour aider les choses et les gens.

Non, aujourd’hui n’a pas été une journée que je qualifierais des plus fun, des plus réjouissantes. C’est en soi démoralisant, surtout quand on sait que ladite journée a fait grosso modo 12h, avec des poses bien sur, mais a malgré tout bien entamé la journée.

Y’a eu des coups donc, coups qui font mal, coups qui poussent soit à partir loin, soit à les rendre, et j’ai fait les deux, pas toujours de façon justifiée, équilibrée ou raisonnable, mais je l’ai « bien » fait. Mais même ces coups rendus ne m’ont pas permis de redémarrer, ou ne m’ont pas fait fonctionner de façon positive ou sereine, ne m’ont apporté aucune réelle satisfaction, et n’ont pas nettoyé l’encrassement général. 

Bien sur, ces coups ne portent que sur l’univers professionnel, mais quand on y consacre plus de la moitié de sa journée, la part restant à la vie perso est si réduite qu’elle a du mal à compenser,  rééquilibrer le fléau de Roberval, ou permettre à l’ « humanique » de fonctionner de façon harmonieuse. 

Je crois bien que ma petite femme a bien raison, et qu’il est grand temps que je pose des vacances, pas très longues certes, mais autant que faire se peut sans interruption pour un call immanquable, une réunion incontournable, ou un meeting où je suis le seul à pouvoir sauver le Titanic en morcelant son iceberg pour l’utiliser en glaçons dans mon shaker fétiche afin d’en faire un cocktail à tomber par terre… Il faut dire que depuis un an en termes de vacances, je crois avoir posé une semaine a Noel dernier, une semaine en février, dix jours en Aout, un jour ou deux par ci par là, mais pas plus… Et à chaque fois avec assez d’interruptions liées au boulot pour que cela ait été au final du quasi non stop.

OK, je ne suis pas un travailleur de fond, mon boulot n’est pas physiquement pénible, mais l je crois que la pose s’impose, pour reprendre une formule chère à nos sociétés autoroutières… Et si je ne prends pas des mesures radicales,  je m’« prépares des nuits blanches... des migraines... des "nervous breakdown", comme on dit de nos jours » (pour les celles et ceusses qui n'eussiont point resitué, cela provient des "tontons flingueurs")

*  les « humaniores litterae », chères à mon illustre homonyme François ou tous ses sujets de la Renaissance, étaient ces lettres qui rendent plus humain, expression qu’on utilisait il n’y a pas si longtemps encore, je me souviens d’avoir entendu mon père parler de ses humanités, ce qui correspondait à ses études de latin et de grec, seules éléments qui peuvent élever l’âme et l’être humain, ou du moins lui donner cette qualité d’humain que lui attribuait le Moyen Âge.

9.12.11

La marche à suivre... ou pas



Ce matin j’ai croisé mon escalier. Il m’a parlé de marche à pied. Il m’aurait parlé de saut à l’élastique, c’est clair, je n’aurais pas fait les mêmes pieds, et encore moins la même tête. Mais pour autant, je l’ai écouté, et je suis monté en haut de ses marches, à pied. Et ce n’est pas pour autant qu’arrivé en haut il m’a regardé d’en bas ni moi lui de haut. Je dirais même plus, une fois en haut, nous nous sommes royalement ignorés, la marche du temps différant tant de la marche de l’escalier, que si rien n’arrête la première, rien ne fait bouger la seconde, à moins qu’elle n’appartienne à un escalator.


Une fois en haut, je me suis dit que j’aurais été mieux en bas, mais il était trop tard, la page de la marche était tournée. Je n’étais d’ailleurs pas si haut, puisqu’une fois arrivé j’ai constaté que je n’étais pas même au milieu, ayant devant les yeux le sol du jardin et non la cime des arbres… Aurais-je tant rapetissé que cela durant la nuit ? Afin d’en avoir le cœur net, je me suis dit qu’il étant temps de m’assoir devant un bon expresso, moi qui ne me sentais ni pressé comme les grains de café, ni même serré comme le ptit noir que j’allais ingérer. Mais assis c’était pire que debout, j’étais encore plus proche du sol et moins du soleil, que d’ailleurs on ne pouvait voir, il est raisonnable lui, et  cette heure de la nuit, il dormait encore, j’aurais mieux fait de copier sur lui plutôt que me laisser influencer par mon radio-réveil...

Une fois versé sans en renversé, j’ai donc bu mon café dans le calme relatif de trois ptits clous qui étaient apparus sans mon aval, passant de l’amont  au milieu sans manquer une marche, et s’arrêtant avant l’aval au sein duquel reposait encore leur mère, ce qui est nettement moins dérangeant qu’une mer à l’aval de sa progéniture… A moins de marcher sur la tête, comment peut on imaginer que d’une mer coule un fleuve qui se transforme en rivière, avant d’être un ruisseau qui s’en ira finir en ru mais sans pour autant partir en crue sauvage, que ce soit à Laval ou bien à Mons.

Lorsque les trois ptits clous – aux cris aussi perçants que peuvent l’être d’autres clous pour une planche de contre-plaqué –  ont eu le ventre rempli, il a été temps de remonter pour redescendre, afin de les préparer  à leurs plannings respectifs : pas de jaloux, chacun le sien, et seulement deux parents pour jouer a la multiplication non pas des pains, je suis contre la violence inutile, et même s’ils sont énervants, nos ptits clous ne méritent pas ça, mais des bras, des jambes, enfin de tout ce qui peut pointer un clou dans la bonne direction et au bon moment pour qu’il n’y ait pas d’accroc mon petit Paul, surtout vu l’état d’Hélène et de son bas de laine, qu’elle aurait mieux fait de repriser, plutôt que sa tapisserie(oui je sais, celle la est vache, fallait l’oser c’est vendredi, j’ai des circonstances exténuantes…).

En repartant, j’ai encore croisé le même escalier, à moins que cela n’ai été son frère jumeau, qui m’a indiqué la marche à suivre, ainsi que toutes les suivantes, pour arriver en aval du lit que j’aurais mieux fait de ne pas  quitter, au risque de craindre une chute qui n’aurait pas manqué de jeter tout le monde au bas des marches, en plus ou moins bon ordre groupé…

Mais les indications de mon escalier ou de son frère étaient d’une précision suffisante pour que je les suive sans sauter une étape, ni même une marche, marches que j’ai toutes franchies allègrement, sans en louper une, sans tomber, sans même trébucher.

Pourtant,  une fois en bas, je n’étais pas plus avancé, puisque je me retrouvais à mon point de départ, ni plus haut, ni plus bas, avec juste un peu plus de café dans le ventre, un peu moins de calme dans la tête, beaucoup moins de silence entre les oreilles et beaucoup plus de choses à faire qu’avant d’avoir quitté mon lit…


Moralité, avant d’aller discuter avec un escalier, pensez bien à ce que cela risque d’entraîner comme conséquences, cela n’est pas aussi anodin qu’il n’y parait…