J’adore les services de livraison à domicile… Si si, j’adore, surtout pour leur efficacité. Nouvel exemple de leur professionnalisme : les livraisons que j’ai finalement récupérées la semaine dernière, ce qui me rappelle une autre livraison, il y a quelques années.
Commençons donc par l’histoire ancienne, avant d’en arriver aux temps modernes :

- en 1991 (oui, je sais, ça date…) j’avais une copine (c’est de l’histoire ancienne, Mape, tu étais encore au jardin d’enfant, y’a prescription) qui adorait la lingerie fine. Pour son anniversaire, je décide de lui faire un cadeau qui devrait lui plaire, et je passe par une de ses amies, vendeuse dans un magasin de lingerie, pour faire ma commande (je rappelle aux moins de 20 ans, qui n’ont pas connu ca, qu’à l’époque, y’avait pas Internet, juste le minitel…). Elle expédie donc, via madame la Poste Française, le colis, dans un emballage facile à repérer (cela aura son utilité par la suite), avec valeur déclarée, remise contre signature, et tout le toutim.
Après quelques jours d’attente, l’anniversaire approchant, je la recontacte pour savoir ce qu’il en est de l’expédition. Elle me dit que tout est parti il y a de cela 10 jours ouvrés, qu’il y a donc un os dans le potage. Je me dirige vers mon bureau de poste, avec la référence de l’envoi, la description du colis, ma pièce d’identité, enfin tout ce qu’il faut. Arrivé là bas, je demande des explications, et s’ils trouvent bien trace du colis (ah au moins, c’est bon signe, cela prouve qu’il existe et a bien été envoyé), ils le perdent au niveau d’un centre de tri parisien.
La guichetière me demande de repasser sous une semaine, ils vont se renseigner. Je demande accélération de la recherche, l’anniversaire étant pour dans 10 jours, chose que la jeune femme comprend. Une semaine plus tard, je retourne au bureau de poste, tombe sur la même personne, qui me reconnait assez facilement, mais qui hélas me dit que son enquête n’a pas encore abouti. Elle me demande de repasser le vendredi, chose que bien sur je commence à trouver un peu dérangeante. Le vendredi suivant, veille de l’anniversaire, je reprends le même chemin, attend la même guichetière et l’interpelle. A sa réaction, je comprends immédiatement que l’os dans le potage s’est transformé en squelette entier, surement celui du facteur…
M’énervant, je demande à voir le directeur du bureau, pour savoir ce qui se passe. On me renvoie dans mon coin, vous pensez bien, un client qui râle, on ne va pas lui faire rencontrer une personne aussi importante aussi facilement. Devant mon insistance, on me donne rendez-vous pour le lendemain. Le lendemain, je me pointe au bureau de poste, plus que remonté, et je me jette sur ma guichetière (à croire qu’il n’y en avait qu’une seule…) qui voit se précipiter vers elle un mec en colère, et qui l’agresse (verbalement, je le précise) direct en lui demandant « ou est ce directeur qui doit me retrouver mon bustier et mon porte jarretelles ? » Venant d’un mec sapé tout en noir, à peine gotho sur les bords, cela jette un froid certain dans ce tranquille bureau de poste du XVII° arrondissement de la capitale… Le directeur me reçoit fort gentiment, et tout aussi gentiment m’explique que le colis s’est « égaré », qu’une enquête a été ouverte en centrale, et que tout ce qu’il peut faire c’est d’une part me demander de patienter et d’autre part enregistrer ma réclamation, en vue d’un remboursement si on ne trouve pas le colis. Je le traite de tous les noms, vantant la qualité de ces Petits Travailleurs Tranquilles, et la perte d’un colis qui comme par hasard avait une certaine valeur déclarée (3.000 Francs, pas loin de 460 € pour ceux qui savent plus ce que valait un franc français). Ma plainte est enregistrée, je quitte le bureau en gueulant comme un putois, et me retourne à la maison pour expliquer à ma chère et tendre que je n’ai rien à lui offrir…
Passons sur ce délicat moment, la donzelle obtient confirmation de son amie que j’ai bien acheté ledit cadeau, qu’il est bien parti deux semaines plus tôt, mais qu’hélas ! il s’est égaré quelque part.
Pendant que de mon côté je continue de harceler le bureau de poste, la miss quant à elle se met à faire des recherches de son côté, et à force d’insistance, obtient un rendez-vous avec un gars, à la Poste du Louvre, qui la conduit dans un immense entrepôt où se trouvent tous les envois (lettres et colis) qui, pour une raison X ou Y, ont quitté le circuit normal de distribution, et sont en attente d’une solution (solution qui peut être recherche du destinataire ou tout simplement destruction ou autre…) A peine arrivée, elle repère quasiment instantanément son colis qui en effet était facile à repérer : pensez donc, il était enveloppé d’un papier rouge à pois noirs, façon coccinelle, et mesurait 40x50x2cm. Constatant que le nom du destinataire est le même que celui présent sur la carte d’identité qu’elle lui présente, le gentil monsieur lui donne le colis, sans rien lui faire signer, sans rien demander.
Mais de mon côté, la plainte courrait toujours. Un mois plus tard, je reçois un courrier qui me dit que ma plainte est toujours ouverte, mais que comme je ne les ai pas recontactés, si je ne les appelle pas, les facteurs considéreront que ma plainte est caduque passée 2 semaines. Comme on a ce qu’on attendait, je ne fais rien bien sur. Cela ne doit pas leur suffire, puisqu’un mois plus tard, je reçois exactement le même courrier, et à nouveau je ne fais rien, je les écoute et j'obéis. La fin de l'année universitaire arrive, et moi je pars : il est temps d’aller faire un stage de fin d’étude, et je vais donc m’installer en Suisse. Etant prévoyant, je fais une réexpédition du courrier, chez mes parents, ne gardant pas d’adresse en France, sachant qu’à l’issue de mon stage, la Nation m’appelait pour aller jouer au petit soldat.
Régulièrement, pendant l’année qui a suivi, j’ai reçu le même courrier, et régulièrement, je n’ai pas donné suite puisque je n’avais plus rien à réclamer. Me retrouvant sous les drapeaux, j’avoue que je n’y pense plus beaucoup, c’était de l’histoire ancienne. A cette époque, les standards téléphoniques n’étaient pas aussi développés que maintenant, et il n’était pas possible de contacter directement un militaire, en cas d’appel urgent, le poste de garde faisait passer un message par tous les haut-parleurs du quartier, nommant le soldat, le motif de l’appel et le lieu où il pouvait répondre. J’avoue que je me serais bien passé d’entendre, par un beau jour du mois de juin : « le sergent clouclou est attendu au poste de garde pour répondre à un appel concernant son bustier et son porte-jarretelles »…Surtout que pour aller de ma compagnie au poste de garde, il fallait passer devant tout le monde, et j’ai eu droit à mon lot de remarques… Total, quand je suis arrivé au poste, j’ai très légèrement incendié l’inspecteur des Postes qui m’appelait, en lui faisant remarquer que si on me dit qu’en cas de non action de ma part, la plainte st oublié, et si on me le dit 10 fois, j’ai tendance à ne rien faire. J’aurais du maintenir ma plainte et demander mon remboursement, c’est beau la naïveté…
- Aujourd’hui, enfin il y a 10 jours, nous attendions un colis Chronopost que la marraine de Raphaël lui avait fait expédier depuis un site hollandais, contenant son cadeau d’anniversaire. Pour être sûre que le cadeau soit là en temps et en heure, Ophélie avait payé plein pot, s’assurant d’une livraison le jeudi, soit largement dans les délais.
Jeudi, rien, pas de livraison, et comme nous n’avons pas quitté la maison, on ne peut pas dire que c’est comme par hasard juste au moment où il n’y avait personne que le livreur est venu. Grace à ses relations (mais non, pas du piston, qu’allez vous croire…) Ophélie réussit à joindre le service Chronopost par le numéro « professionnel », celui où on n’attend pas 15 minutes à 15 centimes la minutes…. Là on lui dit que le coursier est venu, n’a pas trouvé l’adresse, et est reparti…
Ben tien, c’est facile ça comme explication, déjà le mec il a même pas mis un avis de passage dans la Boîtalettres, qu’il ne me dise pas qu’il ne l’a pas trouvée… Après discussion, puisque ledit livreur est incapable de chercher une maison parmi 12, il est convenu que le colis sera livré au bureau de poste de Violette (c’est le nom de la rue…) le samedi, entre 9 et 13h, et que donc on pourra l’avoir à temps. Samedi on se dirige donc vers le bureau de Poste susmentionné, et à notre arrivée, on nous répond que « non, nous ne recevons pas les Chronopost, allez voir à Volaille » (ça veut pas dire « allez vous faire voir, c’est encore le nom de la rue…). Hop, on reprend nos cliques et nos claques, enfin plutôt nos poussettes et nos enfants, et on se dirige à Volaille. Là bas, même si c’est le bureau normal de réception des Chronopost, ils n’ont rien pour nous… On leur explique que c’est pour l’anniversaire du petit rat, et la chef de centre, sortie nous voir, pour l’occasion, nous donne son numéro direct, celui de l’autre bureau, et enfin celui de l’agence Chronopost du coin, pour voir directement avec eux.
Dépités et remontés contre le livreur qui s’engage sur ses délais de livraison, de retour atome, j’appelle donc l’agence locale. Là, je tombe sur … non, pas le responsable d’agence, qui est parti en livraison, mais sur un livreur, qui tient la permanence, logique, non ? Mais c’est le livreur de base : il sait pas aller voir dans les systèmes si ils ont ou non le colis, mais à force d’insister il prend mon nom, les références de l’envoi, et me dit qu’on me rappellera… j’attends toujours, by the way. On est plus que verts ici, de ne pas avoir l’envoi d’Ophélie, mais on a tous fait tout ce qu’on pouvait… En parallèle, j’ai ma mère au téléphone, comme tous les jours pendant son hospitalisation, qui me demande si j’ai bien reçu les fleurs… Heu, les fleurs, quelles fleurs ? Ah, un envoi pour l’anniversaire de Raphaël ? Non, on n’a rien de rien, mais à cause des hallucinations on se dit que si ça se trouve elle a foiré l’envoi, ou ne l’a même pas demandé.
Passe le WE, sans fleurs ni cadeau, à notre plus grande déception, même si cela n’a pas l’air de traumatiser le héros de la fête, rafou premier le bien nommé… Lundi, journée de boulot assez chargée, j’appelle donc le bureau de Volaille vers 16h30. Là ils me disent que non, ils n’ont pas de colis venant de Hollande, mais qu’en revanche ils ont des fleurs venant d’Auvergne, par le même service de transport… Ils me conseillent également d’appeler Violette, juste au cas où, ca ne coûte pas cher, et ça peut rapporter gros… j’appelle, je fais du charme, j’explique pour la nième fois l’histoire et la directrice de centre va voir, et me dit qu’en effet ils ont un colis Chronopost à mon nom, ce qui n’est pas normal puisque c’est censé arriver à Violette mais puisqu’il est là, ils vont pas le transférer en interne, je peux donc passer le récupérer… Hop, un rat dans sa poussette, et me voici en route pour la Poste. Quand on y arrive, la guichetière commence à me dire que non, les Chronopost c’est pas à Violette, mais… oui je sais, vous aussi vous connaissez le refrain et comme j’insiste en disant que j’ai eu la chef de centre, elle appelle cette dernière, qui dit que oui le colis est là, le voilà. Mais comme ils sont pas équipés pour traiter les Chronopost International, ils me font signer une feuille volante avec le numéro de l’envoi, qui ne leur dit rien, au moins ca prouvera (mais à qui, je ne sais…) que je l’ai récupéré ! Je vais ensuite à Volaille, je récupère mes fleurs, qu’on me donne de suite, cette fois en signant le bon avis de remise.
Les pauvres fleurs ont du mérites : elles ont quitté le fleuriste le vendredi matin, pour une livraison le samedi, comme demandé (et payé…) par ma mère, mais Chronopost n’a pas respecté les délais, puisqu’il a tenté la livraison le lundi seulement, et reconnaissant la même adresse que pour le colis hollandais, il a toujours pas cherché la maison, même s’il a mis cette fois un avis de passage dans la boîtalettre et a directement été livrer au bureau de Volaille. Et pour finir de me donner une bonne image de la qualité de leurs services : 11 des 40 roses sont arrivées avec le bourgeon cassé et en vrac dans le carton … Que ce soit la Poste ou Chronopost, j’adore le respect du client…
Mais bon, on va finir par deux notes positives :
- tout d’abord, bravo la société Meilland Richardier pour la qualité de vos fleurs : malgré un stockage déplorable par le transporteur, dans un délai hors normes, les fleurs sont arrivées en relativement bon état de fraicheur, et dès qu’elles ont été remises dans l’eau, les fleurs intactes se sont dé-flétries, les autres hélas ont fini à la poubelle
- enfin, quand je me fais livrer mes cartouches d’encre, le transporteur, Calberson, me livre le lendemain, et trouve toujours la maison, il l’a encore prouvé ce matin…