3.7.09

40 à l'ombre et 1000 au soleil

C’est bien beau d’aller en vacances toujours au même endroit, mais encore faut il en profiter… Depuis que je viens en terre catalane, à part en manger la crème (fameuse au demeurant…) il y a plein de choses que je me suis dis devoir faire, mais qui sont toujours en attente... Procrastination ? Non, pas exactement, mais juste toujours des priorités différentes, des empêchements de dernière minute, ou des oublis… L’an dernier par exemple les vacances ont été plus qu’écourtées par la « coccinellite » de Gabou, maladie aussi surprenante que non identifiée et heureusement non reproduite cette année, l’année d’avant, le temps n’était pas super, et l’année précédente, on a passé plus de temps aux urgences et en voiture qu’en repos, donc encore moins de temps en touristication…

Cette année, à part un début un peu tendu, avec trois visites chez Docteur Jivago dans les quatre premiers jours, à part des éruptions boutonnières qui n’ont pas duré chez le petit Rat, et qui se sont avérées juste arachnéennes chez Gabou, tout à l’air de se dérouler normalement, ou presque… Pourvu que ça dure…

Cela nous permet donc d’avoir un planning normal pour des vacanciers : shopping, détente, recherche de fraicheur, et activité touristique…

Pour le shopping, y’avait des traditions ici : un petit tour au Perthus, zone franche intéressante pour remplir le bar et la cave à cigares, et soldes à Barcelone. Mais ça devient de moins en moins intéressant : d’une part, nous ne sommes plus fumeurs et le bar déborde (17 différents whiskies, ça commence à faire, non ? Z’êtes les bienvenus pour m’aider à pouvoir en acheter d’autres, lorsque le stock baissera, j’ai découvert une cave superbe dans la capitale des Carnutes…) d’autre part, « bienfait » de l’Europe oblige, on trouve en Espagne les même enseignes qu’en France, et donc les mêmes produits. On trouve des Marionnaud, des Carrefour, des AlCampo (z’avez qu’a traduire si vous connaissez pas cette enseigne…), des Fnac, des Jardiland, que ne sais-je encore… Enfin, il devient très dure de trouver du local, donc ca devient moins fun…

Dans la mesure où pour la plage, on avait limité tant que les boutons enfantins étaient marqués, la remplaçant par une piscine dans le patio, il fallait bien s’occuper, non ? On a donc joué aux… touristes. Et que trouve-t-on comme activité touristique qui tente une enfant de presque 3 ans ? Ben aller voir les « chants », les canards, les « chonchons » les nounours et autres « rafes »… Et ou se trouve cette ménagerie ? Dans un zoo certes, mais y’a mieux dans le coin : y’a la réserve africaine de Sigean. Depuis le temps qu’on passait devant, et sachant qu’on en voit des pubs jusque dans le métro parisien, il fallait bien qu’on s’y jette, non ? On a donc choisi un jour censément pas trop chaud, et on y est parti, en famille, sans la boulette qui aurait eu trop chaud à ses papattes, à trotter des heures sous le soleil…

Car oui, madame la grenouille doit également être partie en vacances, les prévisions des météorologues me faisant assez sourire ces jours ci : lundi : max 28 degrés annoncés, on a affronté un bon 37,2), mais pas le matin… pareil pour hier : comme mentionné, nous étions en España, car la grenouille prévoyait plus de 30 à Perpignan, mais "seulement" 25 à Barcelone… Mis à part le fait qu’il faisait 35 à 14h, on a également eu droit à une belle averse sur le retour, qui a fait chuter (temporairement) la température de plus de 10 degrés, mais que la grenouille n’avait pas mentionnée comme étant seulement possible… Mais bon pas grave, il en a été de même pour aujourd’hui : on a eu assez beau temps pour se rendre à la plage ce matin, où les enfants ont adoré nager, mais à l’heure du digeo, une averse aussi violente que non prévue est apparue, rendant l’air moite, mais n’abaissant pas la température, cette fois-ci…

M’enfin bon, les vacances commencent bien, y’a rien à redire là-dessus, on s’y croirait presque… Et puisque c’est comme ça, on va repartir en promenade, au pire pendant ce temps, le petit rat est calme et sa sœur peut s’entrainer à l’activité préférée des femmes de cette famille : le shopping…

8.6.09

Silence radio...

Y’a pas si longtemps que ça, j’avais écrit sur mes motivation à écrire. Je ne sais plus quand exactement, cela n’importe pas tant que ça, si vous voulez savoir pourquoi et n‘avez pas lu cette page, il vois reste a lire toutes les archives … Et ça commence à en faire !

Mais en ce moment, il me semble plus logique d’expliquer pourquoi je n’écris pas… Car bien sur, il y a également une tonne de raisons (tiens, vous me mettrez 500 grammes de raison, s’il vous plait… et tant que vous y êtes, mettez-en autant à mes enfants, voire plus !)

Oui je sais, mes raisons ont intérêt à valoir leur pesant (on y revient) de ce que vous voulez, car un post en avril, un post en mai, ce n’est pas dans les habitudes de la maison, je confirme.

Alors, quelles sont-elles, ces si bonnes raisons (si vous trouvez mieux ailleurs, je vous rembourse deux fois la différence…) ?

Tout d’abord, y’a des raisons d’ordre familial, ça c’est du lourd. Et au sein de ce sous ensemble, il y a différentes composantes : d’abord, le déménagement et l'emménagement. Pour celles et ceux qui ont donné, c’est prenant, et le temps de retrouver ses repères, il se passe pas mal de temps et de déplacements, de magasin en magasin, pour trouver tout ce dont on a besoin pour agrémenter la boite à clous... Ensuite, il y a le fait que tout cela se fait au milieu d’enfants qui ne nous laissent pas une seconde : Gabou est à l’âge des bêtises, et même si elle n’en fait pas tant que ça, il vaut mieux l’avoir à l’œil, et Fou Fou ne supporte pas d’être loin de ses parents plus de… mettons 7 minutes. Après, c’est la sirène d’alarme, que même celle de Cédric dans son chouli camion rouge, elle pimponne pas aussi fort. Enfin, il y a la préparation du baptême, qui, même si je n’ai pas encore un rôle très actif, monopolise madame, rendant monsieur moins disponible également.

Ensuite, il y a des raisons d’ordre physiologique : après 10 heures passées à se concentrer sur son ordinateur, on n’a pas si envie que ça de vous faire plaisir, et de reprendre une petite heure de dactylo, sous le fallacieux prétexte que vous êtes en manque… pourtant, des idées, j’en ai plein, il me faut juste soit une secrétaire qui se branche en direct sur mes méninges (non mais vous n’allez pas penser que, en plus, je vais lui dicter tout ça, à elle de se démener…), et y’aura tant de posts ici que je vais faire péter mes scores d’audience (qui ne sont pas terribles en ce moment

Enfin, il y a des raisons d’ordre professionnel : comme pas mal de monde commence à me le dire : « je suis content/e que tu aies eu ta promotion, tu la méritais, mais je commence à regretter le temps où tu étais disponible ». Il faut dire qu’en gros je suis passé de 20 à 120 % de charge, ça change la donne, je vous prie de le croire… Bon moi j’en suis ravi, mais j’ai hâte que 40% de cette augmentation s’achève… Ben oui, toute cette augmentation n’est pas seulement due à mon khalifat, faut pas exagérer, ça se saurait si un manager travaillait tant…

En effet, pour les ceusses qui l’ignoreraient, en même temps que je changeait de job, je me mettais à remplacer un de mes collègues suisses fou. N’allez pas dire que c’est redondant, suisse et fou, je suis sur qu’il y a des suisses pas fou… Bon, il faut peut-être chercher pas mal, mais ça doit bien exister… Mais celui là, je confirme, fada, il l’est… mais dans le même temps je l’admire pas mal car il faut le faire.

Mais il faut faire quoi ?? Il faut être bien dans ses baskets. Si si, je vous assure, c’est essentiel pour vivre une folie comme la sienne. J’essplicationne : mon collègue Christian est coureur. Pas coureur automobile, ça aurait été plus rapide, mais coureur à pieds. Oui, je sais, c’est banal, plein de monde court. Au sein de la maison des fous, y’a même une équipe qui, chaque année, se livre à la course du cœur. C’est déjà, je trouve, un truc de oufs, il s’agit d’une course par équipe, de Paris à Courchevel, en quatre jours… Faut déjà en avoir une couche, moi je dis. Mais tout cela est pour la bonne cause : cela a pour but de promouvoir le don d’organes, donc je dis « bravo, bravo et continuez »

Mais Christian est ultra marathonien… Qu’est ce donc que cette bête ? Cela se mange ? Heu, je pense que la chair doit être bien dure, car doit pas y avoir de graisse pur attendrir, et à force d’effort, le muscle se durcit un peu.

Mais qu’est ce donc qu’un ultra marathonien ?
- Marathonien, vous connaissez, ce sont les gens qui trouvent que célébrer une bataille vieille de 2500 ans (oui, bon d’accord, 2499… je me dois d’être précis) et la course que fit Phidippidès pour aller porter la nouvelle à Athènes et s’écrouler, mort de fatigue, après 4 heures de course, c'est génial.. ne me répondez pas que Phidippidès était un petit joueur et qu’aujourd’hui y’en a plein qui font des temps égaux au sien sans défuncter à la clef. D’abord, c’est pas la question du jour.
- Ultra, vous connaissez aussi. Non, je ne parle pas du club de supporters de foot mais de l’adjectif, capito ?

Donc un ultra marathonien c’est quelqu’un qui célèbre avec excès la bataille de Marathon ? On s’en rapproche, mais c’est pas tout à fait ça. C’est un coureur de l’extrême : il court, court, court, encore et toujours, sans s’arrêter, mais avec un but précis. Et dans le cas précis, mon Christian, mon ptit suisse, il est parti de Barri, au sud de l’Italie, pour aller… au Cap Nord (qui ne se trouve pas exactement en Sicile…) Et tout ça, en courant… Un peu moins de 4500 kilomètres non stop, enfin si, en dormant la nuit, mais en courant tous les jours, pendant 64 jours… Et pour info, Christian a tout de même 57 ans, mais ce n’est même pas le plus âgé de l’asile… Je ne vais pas vous dire d’aller sur le site de la course, mais en revanche, si vous voulez voir, sans vous fatiguer, ce qui motive ces gens, et ce qui se passe dans leur tête, plutôt que de vous farcir un site en allemand, allez donc voir le récit qu’en fait un pitit français, qui est de la réjouissance, Stéphane Pélissier : il nous raconte jour après jour ce qu’il ressent, et j’avoue, en lecteur assidu, que … que je n’ai rien a dire… Son récit se trouve là je vous laisse seul juge…

Mais donc, tant que Christian court, moi je rame. Logique, non ? Il revient le 22 juin, ça va me faire des vacances… Doublement car d’une part en effet je suis en vacances deux jours après, et d’autre part, une fois qu’il aura repris son pays en main, moi je me retrouverai à 80% de charge, c’est très raisonnable. Au début, égoïstement, j’espérais qu’il n’irait pas jusqu’au bout, mais maintenant je suis content d’avoir participé, à ma façon, à son exploit, en lui permettant de laisser son boulot sereinement, sans crainte de retrouver tout sans dessus dessous à son retour.

Et promis, une fois que je n’aurai plus qu’un boulot, je pense pouvoir reprendre un rythme plus raisonnable, enfin, après les vacances, faut pas pousser mémé dans les orties…

7.5.09

Y’a des choses amusantes dans la vie…

Enfin amusantes, c’est vite dit… Mais moi ça me fait sourire, c’est déjà ça…

Oui je sais, je l’ai déjà dit, mais j’ai finalement été nommé khalife à la place du khalife, ça devient grave, je perds la boule pensez vous... Mais non, d’abord c’est pas de ça dont je voulais parler, j’en ai assez (voire même trop) causé…

Mais quand on passe de soutier de base à « garbage manager » (pour reprendre le titre que se donnait une nouvellement ancienne collègue (Salut Cécile !) ) on a plusieurs phases de découverte, selon la façon dont se passe la transition.

Dans mon cas, la transition a été tellement douce que pour un peu j’aurais eu l’impression que rien n’avait changé : je continuais à graviter dans le même environnement, à voir les même gens, à parler des même choses, à avoir le même chef, rien n’avait changé…

Rien, ou presque :
- j’ai changé de clients, ne m’occupant plus des gaulois, mais des huns, des persans, des … enfin, de plein de monde (et même des vikings en ce moment…)
- j’ai changé de langue : je passe 90% de mon temps en anglais, même avec les français j’en suis à me prendre pour un fils de Shakespeare…
- j’ai changé de façon de travailler : ce n’est plus au téléphone, mais devant mon PC que je passe ma journée
- j’ai changé de collègues, et d’ailleurs je n’ai plus de collègues, je n’ai plus que des contacts, étant à 90% « home worker », le reste, je vais tout de même sur site, pour que mes anciens collègues ne pensent pas que j’ai quitté la maison (d’ailleurs hier j’y étais, ça en a surpris quelques uns de me voir, persuadés qu’ils étaient que j’étais parti vers l’inconnu et au-delà…)
- j’ai également changé d’horaires : avant j’étais plus du matin, maintenant je suis plus du soir : ça permet de traiter les mails reçus le matin… Logique, non ?

Mais bon à part ça, rien n’a changé, comme je le disais, ou presque… Et c’est ce petit « presque » qui me fait sourire, pour ne pas dire plus

Avant, quand j’étais simple SME (j’essplicationne : dans mon service, on n’est plus des consultants, c’est trop banal, y’en a trop, on des Subjects Matter Experts… pas mal, non ??), on me demandait de réciter la Bible, mais on me demandait surtout l’origine de mes sources.. La Bible de Jérusalem certes, mais quelle version ? Et traduite par qui ?? Conforme à quel Concile ? Et en bon petit Expert (pas comme ceux de Miami, je porte pas de gants, et d’ailleurs je m’appelle pas Horacio…) je récitait la Matrice, verset par verset, sans me tromper d’une ligne, avec la bonne source, la bonne version (la ça devient plus dur, ceux qui bossent avec moi savent à quel point il est dur de suivre la Matrice…) : Oui, chez les Experts on n’a pas de Bible, en fait, mais une Matrice. C’et peut être moins gros, mais c’est plus bougeant, plus fluctuant, vivant en somme. Mais Matrice, Bible ou même Code du travail, même combat : un néophyte n’a aucune chance de s’y retrouver, ni d’en extraire la substantifique moelle, et prendra les plus mauvaises décisions qu’il soit, persuadé d’avoir pris le chemin qui le mène tout droit au Paradis…

Aujourd’hui je suis devenu khalife à la… oui je sais, je radote… Et aujourd’hui, on me demande à mon tour d’être prophète… On me demande toujours d’entrer dans la Matrice, mais là on n’attend plus que je cite mes sources… Et c’est à moi de donner la pilule : rouge ou bleue. Et ce n’est pas à vous de choisir, le choix, c’est moi qui le fait, la Matrice, c’est moi qui en donne les dimensions, et qui impose les coordonnées et la destination…

Avant, on ne vérifiait pas que mes sources étaient exactes, tant que je les citais, maintenant, on ne me demande plus de suivre une source, mais d’être la source de la Matrice…

Et honnêtement, vous pouvez me dire ce qui a changé ? Ne parlez pas tous en même temps, j’entends rien... Ah, « rien » ‘est votre réponse, c’est donc normal que je n’entende rien donc… Nous sommes d’accord… Mais j’avoue, cela me fait bicher de voir des mails envoyés à des grands managers (pas des petits garbage comme moi…) dans lesquels je peux lire : « please be advised of our Manager’s position: François asks you to … blablabla » Et ça arrive ‘chement souvent… Enfin, pas mal tout de même, 3 ou 4 fois par jour… Mais personne ne moufte ni ne remet en cause mes propos…

Et c’est (presque) pareil au sein de l’équipe : depuis 2 mois que je suis kha... (oui je sais, vous savez…) j’ai imposé pas mal de changements, sans pour autant révolutionner mon univers mais en allant à l’encontre des habitudes établies par mes prédécesseurs. Et là où je suis encore plus souriant, c’est quand je constate que dans l’équipe, personne ne conteste, en général… Si, y’a bien un sujet pour lequel une de mes bulgares a râlé (et continue d’ailleurs de râler, mais tout en faisant toujours aussi bien son boulot, ce qui est essentiel) mais ça c’est normal, j’ai toujours de gros problèmes à me faire écouter par mes bulgares, que ce soit à titre professionnel ou personnel, soit dit en passant !!!!

Mais malgré cette légère contestation, mon équipe me suit, et me reconnait en tant que chef, demandant mon support en cas de besoin, et ma vision de la Matrice … Et après 2 mois, mon chef n’a eu aucune remarque ni plaintes, ils sont même contents de voir comment je m’occupe d’eux et prêts à me suivre dans d’autres changements que je leur imposerai… pourvu que ça dure !!

27.4.09

J’aime, j’aime pas…

Ou plus exactement j’aimais, j’aimais pas… plus de raison de parler au présent, c’est du passé… Passé simple pour le moment, mais bientôt passé antérieur, antérieur au présent, oeuf corse...

Déjà 3 semaines qu’on a les clefs, plus de deux qu’on a emménagé, la page Limours est prête à être définitivement tournée…

Remarquez, la maison aura gardé peu de trace de notre (bref) passage : j’ai dû retourner sur place 3 jours après en être parti, et j’ai pu voir que le proprio (enfin, son équipe) avait bien bossé : plus de cloisons entre les pièces, salle de bain vide, cuisine apocalyptique, et déjà des trucs en place, genre dans la cage d’escalier, la peinture blanche remplacée par un crépis ocre… La page ne nous aura pas attendus pour tourner… 

Avant de faire le panégyrique de la capitale des Carnutes, il convient donc de faire le bilan de ce séjour hurepoisien, et de lister ce que je vais regretter et ce qui ne me manquera en rien… 

J’aimais :

-          la proximité de Paris (même si on n'en a pas tant profité que cela, et si nos amis parisiens ne sont pas venus nous voir si souventes fois...)

-          la proximité du boulot (pas pour le boulot, pour aller prendre un jus avec quelques rares collègues intéressants…)

-          le pain de la boulangerie Gauthier (pour le moment, on n'a pas encore trouvé l'équivalent local, ce qui est bien dommage...)

-          quelques rares voisins avec qui j’ai peu discuté, mais avec plaisir

-          L’accueil toujours souriant des femmes de la crèche

J’aimais pas :

-          Un réseau électrique tellement fiable qu’il en a grillé une imprimante et mis à mal le PC de ma chère et tendre

-          Une tuyauterie hydraulique tellement moderne que l’eau coulait avec une jolie couleur… rouille

-          Une isolation inexistante, tant phonique que thermique (vive la facture de gaz :-s…)

-          le rap de la voisine, qu’elle écoutait si fort (à moins que ce soit lié au point précédent) que ca en faisait vibrer les verres

-          le rottweiler de la même voisine, qu’elle promenait sans laisse, et qui, même si à priori sage, présentait une certaine dose d’incertitude menaçante… A la rigueur, le york de voisins moins proches me dérangeait moins, on se demande bien pourquoi …

-          l’humidité permanente, qui nous donnait non pas un jardin, mais une éponge

-          l’entrée du garage, si étroite qu’il fallait toujours faire hyper attention à ne pas accrocher l’aile (‘ce pas, Mape ??)

 Je sais, ca fait pas mal de cons, peu de pro…

Surtout que à priori, les pro locaux risquent d’être nombreux,… Il suffit de voir comment on a été accueillis ici : déjà trouvé : un baby sitter (qui habite en face) et un dog sitter (qui habite en face mais c’est pas le même), et accueillis par …

        

Mais également par ce petit bijou…



On ne peut (presque) pas rêver mieux, non ?? Et au milieu y’avait même deux Cox… Je vous le dis, cette ville nous accueille on ne peut mieux… 

Mais promis, le « j’aime-j’aime pas » local suivra bien, un jour ou l’autre…

23.3.09

Première impression

A en croire mon pote Jacquot*, « c’est toujours la première idée qui est la bonne » … Il en est de même en général, sur les impressions. Que ce soit une impression photographique, qu’on ne peut corriger après l’avoir mise en boîte, (oui bon y’a des logiciels de retouche d’image, je sais… mais je suis de la vieille école, je pensais argentique, et je ne sais pas me servir de Photoshop (publicité gratuite)), une impression sur une super imprimante Photosmart « all in one » (publicité toute aussi gratuite, quoi que, puisque c’est elle qui me fait vivre, indirectement…), une impression concernant quelqu’un qu’on rencontre pour la première fois, ou celle concernant une situation à laquelle on se retrouve confronté, de gré ou de force : je suis assez d’accord avec Jacquot, et sans pouvoir annoncer 200% de réussite à la justesse de cette philosophie de comptoir de bar, j’ai rarement eu de « première impression » totalement erronée. OK, il y a parfois des ajustements, et je me suis parfois également planté dans les grandes largeurs… Un des plus beaux exemples de plantation de sensation concerne ma chère et tendre épouse : quand je suis sorti avec elle, j’ai eu l’impression que ça allait durer… 15 jours max… L’erreur est humaine, je suis humain, j’ai donc le droit de me planter…

Mais bon là, je ne parlais pas de cette impression, ni d’une des premières évoquées, photographiques, documentaires ou personnelles, mais de l’impression que ces quelques jours dans la peau de John M… heu non, d’un territory manager (pas mal le titre, hein ??) m’ont laissés.

Tout d’abord, comment résumer ce que j’ai fait en 15 jours ?
1- j’ai géré les vacances de mes gars (si si, c’est complexe, car faut trouver des back-ups, faut valider des montages parfois tordus, d’un remplaçant un jour, d’un autre un autre jour, de droit d’accès aux ressources, j’en passe et des meilleurs)
2- j’ai validé des notes de frais (et là, on ne rigole pas, on parle d’argent…)
3- j’ai remplacé un gars de mon équipe, pour une revue de 20h30 a 21h30 un vendredi (normal, chez lui c’est le WE ce jour…)
4- j’ai reçu un mail d’infos concernant l’absence d’une de mes consultantes, qui était malade, mail dont le traitement a nécessité 5 mails de ma part, et environ 12 en retour…
5- j’ai tenté de suivre des formations obligatoires du genre « new manager rules », ou encore « 100 days in a new manager’s life »… qui n’apportent rien mais que je dois suivre. Et en une période comme la notre, c’est important 100 jours… Si vous ne comprenez pas pourquoi, allez voir ici  
6- j’ai passé en moyenne 5 heures par jour au téléphone, dans des calls pour lesquels ma présence est essentielle, tellement essentielle qu’en moyenne, je dois parler au moins… 2 minutes par heure
7- j’ai reçu des tonnes d’invitations à des calls auxquels je n’assisterai pas, déjà pris par ceux susmentionnés
8- j’ai répondu à des questions sur des processus que je ne connais pas, mais qui, j’en suis sûr sont la raison de vivre de quelqu’un, et pour lesquels ce quelqu’un est persuadé que j’ai des informations vitales pour lui/elle

Et dans le peu de temps restant, j’ai tenté d’être un tant soit peu opérationnel, en faisant quoi ??
1- En demandant à mon chef de valider mes vacances,
2- en passant ma note de frais,
3- en me faisant remplacer sur un call,
4- en envoyant 5 mails pour essayer de comprendre ce que je devais faire, à postériori, pour valider l’absence antérieure à mon action de ma consultante, et en recevant 12 réponses parfois contradictoires, qui m’ont plus interloquées qu’autres choses, au point que j’ai demandé le support de mon chef
5- en suivant d’autres formations qui me bottent, sans pour autant me prendre pour l’Empereur
6- en passant pas mal de temps au téléphone, pour parler beaucoup, beaucoup, beaucoup, sans être convaincu que ce que je disais intéressais mes interlocuteurs,
7- en envoyant des invitations à des calls auxquels plein de gens ne participeront pas, ou alors en dormant,
8- en posant des questions à des gens qui ne me répondront probablement pas…

Ah, en effet, je vois que vous suivez : je n’ai pas été absent, donc je n’ai pas totalement contre-partisé la tâche 4 de la précédente liste… Et d’ailleurs, ça aurait été plus simple : si j’avais été ne serait-ce que provisoirement absent, je n’aurais pas eu la possibilité de me livrer à cet inventaire pas du tout digne de Prévert, et ne me serais livré qu’à la contre-partisation de la tâche 4…

Et au milieu de tout ça, j’ai tout de même eu le temps de faire certaines constatations qui m’ont conduit à la première impression dont au sujet de laquelle je vous causais en guise d’apéritif.

Tout d’abord, manager des gens sans jamais les voir, c’est tout de même pas ce qu’on fait de plus confortable, car y’a plein de non dits à côté desquels on peut, je peux passer, générant des problèmes de communication

Ensuite, un des trucs étonnant c’est qu’à avoir dans son équipe des gens situés dans des lieux aussi différents que Dubaï, Budapest, Vienne, Ra’anana, Rome ou Paris (ben oui, y’a un égaré…), il faut pouvoir jouer avec une grande amplitude horaire et journalière, tout le monde ne commençant pas sa semaine le lundi à 9h, pour la finir le vendredi à 18… J’ai pas encore eu à faire des revues le dimanche a 7heures du matin, mais mon chef m’a prévenu, cela peut arriver…

De même, il faut faire gaffe à ce qu’on dit, à ce qu’on fait, à ou on met les doigts (ben non, pas les pieds, tout se fait par mail, je me déplace pas, hélas…)

Enfin, y’a des choses qu’il faut à tout prix éviter, dont le double effet anti « Kiss Cool » et que j’ai bien évidemment déjà faites, telles que par exemple s’opposer assez durement avec son chef, générant ainsi une action dite salvatrice, qui met en « colère » tout l’équipe… Même si on m’a toujours dit qu’un bon chef doit faire l’unanimité dans son équipe, que ce soit « tout le monde aime fanfan » ou « tout le monde déteste fanfan », j’aurais tendance à préférer éviter la seconde possibilité…

M’enfin, au final, je sens que j’aime ça, même si c’est vrai, être tout petit manager dans une grande maison, c’est plus proche de l’assistanat et du support que d’un réel management décisionnel. Et pas grave si je me suis mis temporairement tout le monde à dos, tant au dessus qu’en dessous : d’une part cela montre au dessus que je ne suis pas un pantin, et ça tombe bien, c’est ce qu’il recherchait, d’autre part, je me suis expliqué sur l’action salvatrice susmentionnée avec mon bras droit, la personne essentielle tant pour moi que pour l’équipe, dans l’équipe, et elle a compris mon action, je crois que je l’ai gagnée à ma cause, enfin elle a compris que je me battais pour la même cause qu’elle : le bien-être de l’équipe…

Allez, reste maintenant à passer le cap des 100 jours, qui a été fatal à plus d’un, l’histoire est bien placée pour en témoigner… On en reparle dans 85 jours !

Et puis si ça ne le fait pas, je me reconvertirai, manager chez Mickey, en charge du jardin d’Alice ….





* : oui bon d’accord, je le reconnais, Jacquot (Higelin pour les ceusses qui ne l’eussions point resitué…) n’est pas mon pote, même si j’ai passé un nombre d’heures assez considérable en sa compagnie, il se contentait de tourner en rond très vite… dans la platine vinyle, puis CD...

18.3.09

Les gens d'ici...

Il y a quelques temps, les petits clous vivaient dans la grande ville, petit couple normal : un enfant, deux adultes, un chien, dans un deux pièces du 15ieme arrondissement de Paris. Rien à redire à cela, petit couple de français moyens, ou à peine supérieurs à la moyenne…

Les ptits clous, ils étaient heureux dans leur petite boîte à clous. La gardienne les aimait bien, les amis venaient les voir, les ptits clous sortaient parfois, dans leur restaurant favori, faire du shopping, ou boire un verre chez des amis, la baby-sitter habitant au dessus d’eux… Rien à redire, la vie était belle pour les ptits clous dans la grande ville

Mais un jour, les ptits clous ont eu envie de s’agrandir, d’avoir plus d’espace, tant pour eux que pour la ptite ptite clou, qui méritait bien sa propre chambre Sous-jacente à cette idée était celle, propre à ma petite femme, d’agrandir aussi la famille, et vous savez aussi bien que moi que « ce que femme veut, Dieu le veut »…

Les ptits clous ont donc commencé à chercher où trouver des mètres carrés, mais malgré toutes leurs recherches, ils n’ont pas trouvé de magasin qui en vende, et même sur eBay (publicité gratuite), aucun vendeur de ce genre de bien ne s’est trouvé… Si vous ne me croyez pas, allez donc faire votre recherche…

Fort de ce constat, les ptits clous ont donc pensé devenir… banlieusards… Autour d’eux, ça a été une révolution :
- la famille : « mais vous n’allez pas vous enterrer loin de la civilisation »
- les amis : « mais on ne vous verra plus »
- les collègues de boulot : « mais ca va être la galère pour venir à Issy (lieu de l’atelier du grand clou)

Après quelques recherches, vite réduites car proportionnelles au budget des ptits clous, le choix les a conduit, la chance aussi, dans le Hurepoix. Des ptits clous dans le Hurepoix, c’est moins étonnant que des os dans une banane, du mimosa en Antarctique ou des cerises en Alaska, mais ça en a choqué plus d’un. Pourtant, il faut bien le reconnaître, la nouvelle boîte à clous avait des avantages. Des avantages, certes, mais des inconvénients aussi, j’en ferai la liste ultérieurement.

Et malgré les réactions sus mentionnées de l’entourage des ptits clous, on ne s’est pas enterré loin de la civilisation (on a une voiture pour aller dans la grande ville, et y’a pas mal de choses, n’en déplaise aux gens de la grande ville, qu’on ne trouve pas dans ladite grande ville), certains amis ont continué à venir ici, on est allé en voir d’autres dans la grande ville aussi, et le chef des clous a changé d’atelier, augmentant certes la distance entre la boîte à clous et l’atelier d’un facteur 4, mais diminuant le temps d’accès d’un facteur 2. De plus, la nouvelle boîte à clous était nettement plus grande que l’ancienne, tout le monde y trouvait son compte.

Puis est venu le moment où le propriétaire de la boîte à clous a signalé aux ptits clous qu’il ne voulait plus d’eux, et qu’il serait bon qu’ils se trouvent une autre boîte. Mais ça, je vous l’ai déjà raconté.

Même si le chef des clous ne connait pas la crise (heureux clou…), le prix des boîtes (à clous ou à qui qui n’en veut…) n’a pas tant baissé que ça, bien au contraire, dans la banlieue et après quelques recherches, les ptits clous ont vite compris que s’ils voulaient profiter de l’occasion pour agrandir encore la boîte à clous, il faudrait encore plus s’éloigner… Dont acte, les ptits clous ont commencé à étendre leurs recherches au Sud du Hurepoix. Normal, ledit Hurepoix leur plaisait bien, et présentait de nombreux avantages….

« Hélas, hélas, hélas et quatre fois hélas »* le Hurepoix, même s’il est vaste, ne connait pas la crise, enfin pas la crise de l’immobilier, et les tarifs des boîtes à tout ce qu’on veut sont tels que malgré la nouvelle situation du grand clou, et le confort matériel qui en résulte, en augmentant le budget de 25%, on n’augmentait pas la surface de plus de 10 mètres carrés, mais en s’éloignant au fin fond de l’Essonne, et là, ça sonne pas bien du tout… Pensez donc, on m’a proposé d’aller planter mes clous dans un village charmant, du nom de Les-Granges-le-Roi… Cherchez pas, ça se trouve . Bon, c’est peut-être charmant, mais alors là, question isolement… Pour se rendre dans la grande ville, c’est au bas mot 15 minutes jusque Dourdan, puis 65 de RER (quand il circule normalement…) !

Après réflexion, les ptits clous ont donc décidé une plus grande migration, et de quitter la banlieue, aussi lointaine fut-elle, pour devenir… provinciaux… mais ça, vous le savez aussi, bien sûr ! De par le nouveau boulot du grand clou, n’importe quel endroit aurait pu devenir le lieu d’hébergement de la boîte à clous, mais on a compromisé en choisissant Chartres plutôt qu’Ajaccio ou Toulouse. Parmi les nombreux avantages de cette solution, citons : une ville de taille honorable où, si la femme au grand clou ne trouve pas tout ce qu’elle désirerait en termes de lieux de débauche commerciale, il y a plus de choix qu’aux Granges-le-roi, et où nous ne sommes qu’à une heure en train de Paris…

Quand on a annoncé à notre entourage (le même que celui qui avait déjà réagi « violemment » à notre départ pour le Hurepoix) qu’on refaisait nos cartons pour la Beauce, les réactions ont été plus partagées :
- la famille du grand clou : « C’est une belle ville, et ça ne changera pas la distance pour venir vous voir »
- la famille de la (pas si) grande clou : « mais on ne vous verra plus »
- les amis : « bon j’espère qu’il y a une chambre d’amis car on ne viendra pas pour prendre un café »
- les collègues de boulot : « mais ça va te faire une sacrée trotte pour venir faire tes revues »
- d’autres personnes, dont le pédiatre des enfants : « mais vous allez être au milieu des vaches »…
- Et de très rares : « vous faites un excellent choix, si je pouvais, je ferais le même »…

A cela je réponds à mes parents qu’en effet ça ne change rien pour eux, à mes beaux parents qu’on n’a pas dû les voir plus de quatre fois ici en presque deux ans, aux amis qu’il y a, en effet, une chambre d’amis qui les attend, aux collègues de boulot que de toutes façons je ne suis plus en charge de la France, et que s’il m’arrive encore de faire des revues, c’est pour d’autres pays, et tout au téléphone, donc le lieu où je suis importe peu et qu’en trois semaines je suis allé 2 fois au bureau, ce qui est beaucoup… Quant aux autres qui nous parlent de vaches comme nouveaux voisins, cela me rappelle un peu l’image que nous avions quand, il y a longtemps, (et quand je dis longtemps, je parle d’un temps que les moins de 20 ans (ceux de 30 non plus d’ailleurs…) ne peuvent pas connaître…) le grand clou que je suis, qui n’était alors que petite semence, a quitté ses Yvelines (presque) natales pour aller s’installer en Auvergne, à Chamalières très exactement : l’image que la famille clouclou avait de ce lieu était le village avec au milieu la fontaine à laquelle les vaches venaient s’abreuver le soir, en rentrant de la pâture… Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir qu’il y avait l’eau courante et l’électricité à Cham’, et même la télévision couleur et que les seules vaches qu’on pouvait voir taient celles envers qui, peu de temps auparavant, on criait « mort aux vaches »… Ben Chartres, c’est tout pareil : d’une part, nous serons en centre ville, d’autre part, dans la Beauce, y’a tout de même nettement plus de céréales que de bovins, et enfin, ici, dans le Hurepoix, les vaches sont nettement moins loin qu’elles ne pourraient l’être de notre future boîte à clous, on en voit à à peine un petit kilomètre, juste à la sortie du village…

Tout ça pour dire que les gens d’ici, ou plus exactement les gens de là, de la grande ville, on se demande parfois à quoi ils pensent…


* : Pierre Vierge, in « la mort d’Achille ». Cherchez pas, vous le trouverez pas à la Fnac, même si il a été édité à son époque et à compte d’auteur pour cette oeuvre, c’est mon grand oncle. Mais il a des écrits plus sérieux que celui là…

Question :

- Comment avez-vous célébré vos trois ans de mariage ?
- Oh, très simplement : ma femme a tenté de se débarasser de moi...
- Pardon ?
- Vous ne me croyez pas ? Regardez ce que j'ai trouvé dan mon assiette...
- Ah oui, là, y'a de la préméditation dans l'air
.
.
.
.



PS : si vous trouvez ce dont il s'agit, je vous l'offre...

Allez, ce n'est pas grave, je ne t'en veux pas, ma petite femme adorée...

10.3.09

D’une réflexion alambiquée…

Hier, pour écrire mon post, j’ai du partir à la recherche de mon précédent écrit sur les collectionneurs.

A cet effet, j’ai donc survolé mon blog, pas depuis sa création, mais pas loin tout de même. J’ai relu certains passages, parcouru des tonnes d’infos, d’annonces, de comportement, d’état, d’attente, de désir, d’accomplissement ou d’échec. Et y’a de quoi survoler : depuis le 18 février, pensez donc que j’ai écrit 146 messages, qu’environ 11.200 visiteurs (non uniques, faut pas exagérer…) sont venus tenter de décrypter.

En pensant à tout cela, j’avais commencé une réflexion sur le sujet, et tout à l’heure, Iglika (non non, c’est pas un surnom, c’est vraiment son prénom, faut sortir le soir, vous découvririez plein de choses…) commence à me dire qu’elle aime bien me lire car (je cite) « y’a parfois de vrais trésors dedans ». Bon elle a ajouté aussi sec « enlève ce sourire d’autosatisfaction de ta face »

Tout ça m’a amené à me poser la question, non pas générale, mais particulière et personnelle, du pourquoi du comment que j’alimente ce blog avec autant d’assiduité.

Bon d’accord, y’a des bloggeurs plus assidus que moi, je me souviens avoir lu un jour que pour captiver et capturer son audience, il faut écrire au minimum deux fois par semaine. J’aurais beau essayer, je ne pourrais pas produire une telle quantité, à moins de sortir la recette de la truffade, ou raconter que ce matin en me rasant je me suis coupé le menton… Quel intérêt, non ? En plus y’a plein de sites qui doivent parler de ça… « Google est mon ami » le confirme : 33.700 références à la truffade et tout de même 3.990 pour ce matin en me rasant je me suis coupé le menton… Intérêt des plus limités…

Je préfère donc « travailler à l’inspiration » et n’alimenter mon blog que quand j’ai quelque chose à dire.

Mais cela ne répond pas à la question première de savoir « pourquoi j’écris » ; Le « comment » ne nécessitant pas de long débat : en faisant se mouvoir mes petits doigts boudinés sur le clavier de la machine à frapper des mots.

"Pourquoi" est en effet une bonne question, à laquelle le bon vieux « pourquoi pas » n’est pas d’un grand intérêt, même si là encore il peut se poser comme élément de réponse.

Donc puisqu’on va éviter ce bateau (Oui Didine, je sais, je n’ai pas le pied marin, je ne devrais pas abuser des références nautiques…), on va tenter d’apporter une réponse, enfin des éléments de réponse, qui, je suis sûr, pourront être complétés au fil du temps

Avant de répondre à ce « Pourquoi », il faut bien poser le « Pour qui » dont la réponse est simple, puisque reposant sur trois éléments : moi (le soleil tournant autour de moi c’est on ne peut plus logique que je commence par la personne la plus importante au monde…), mes amis et les gens.

Une fois le « pour qui » acté, on peut se pencher sur le « pourquoi ». Et bien sûr, ce « pourquoi » est fortement lié au « pour qui ».

Donc on va traiter le sujet de la façon suivante et tenter de répondre à une question un peu plus complexe que ce simple « pourquoi » en lui substituant un « pourquoi j’écris pour X », d’accord ?

     - pourquoi j’écris pour moi ? Bonne question, dans la mesure où je n’ai jamais tenu de journal intime, jamais eu la prétention d’écrire un livre, et n’étais même pas très doué en français à l’école. Qu’est ce que je retire de ces mots que je jette sur mon écran, et qui s’en vont polluer la toile, qui n’en demandait pas tant ? J’en retire deux choses, voire trois, qui font toute ma motivation :

          o tout d’abord, écrire est un grand moment de détente : j’ai dans mes oreilles de la musique que j’aime (en ce moment c’est Nick Cave & the bad seeds) et je laisse mon esprit divaguer, en tentant d’y mettre un tant soit peu d’ordre, afin que le résultat ait un sens, fut-ce un sens interdit, mais un sens indiquant la direction vers laquelle je veux vous emmener. Car en effet, il y a un peu d’exhibitionnisme à alimenter comme cela un tel marathon de l’écriture (OK, je n’en suis pas encore à « Guerre et Paix »…), il est évident que si je n’avais pas de lecteurs, je ne m’évertuerais pas à mettre tout cela en ligne, ni même sur le papier virtuel de mon écran, et que cela resterait dans ma tête. Mais c’est de la pure détente, que de m’enfermer dans les méandres embrumés de mon cerveau pour en tirer quelque chose de cohérent (heu, ça c’est vite dit, mon petit…) puis laisser sortir tout cela en une explosion de mots, de sensations, de…

          o ensuite écrire permet de donner une autre image de moi, image sans doute plus réelle et réaliste que celle que je peux donner quand on me voit. Je ne donnerais comme illustration de ce décalage entre être et paraître que la réaction d’un patron de syndicat au boulot, avec qui je parlais de statut et de positionnement dans la hiérarchie. A cette époque, il y a un siècle, je me battais pour obtenir ma reconnaissance au grade de « spécialiste » Le gus m’a regardé, et m’a dit « mais tu es au moins P3A toi »… Quand j’’ai répondu que j’étais loin de ça, simple petit « intermediate », il a halluciné et a hésité à me croire… L’habit ne fait pas le moine, mais il en donne l’odeur… (heu, ça a une odeur sui generis, un moine ?? t’as raison Iglika, faut que j’arrête de fumer la moquette…). Au moins quand j’écris, y’a que des mots, qui peuvent certes avoir plusieurs sens, surtout entre mes doigts, mais ce n’est pas sur la police de mon texte, sa taille ou sa couleur, que vous allez baser votre (tentative de) compréhension de mes écrits…

          o enfin, écrire est avant tout un moment d’évasion : quand on jette quelque chose, on s’allège d’autant. On ne regarde pas où ca tombe, ni sur qui, on jette et on oublie (vive la génération kleenex…) Comme dirait l’autre, « j’y pense et puis j’oublie » (heu non, je pensais pas à Cloclo qui a aussi une chanson de ce titre, mais plutôt à mister Dutronc…) Moi, quand j’écris en effet, je jette tout sur l'écran, et de la sur la toire, et j’oublie presque aussi vite que ça a été frappé dans le marbre de la toile (heu, une toile en marbre, ça aussi, c’est pas très commun…). Mais ces choses sont sorties, et je peux y revenir, parfois même avec plaisir, tel a été le cas hier, comme déjà signalé. Je me suis allégé de tous ces mots, permettant à d’autres de venir prendre la place vacante (mon cerveau, tout comme la nature, a horreur du vide) et alimenter sans fin ce processus.

     - Pourquoi j’écris pour les amis ? Pour leur plaisir, j’espère, avant toute chose. Si j’ai réussi a leur donner un moment de détente et de plaisir, j’aurais plus que largement atteint mon but. C’est d’ailleurs comme cela que tout a débuté : au commencement était le blog de la boulette, dont les propos originaux ont séduit certaines personnes, qui m’ont demandé d’élargir le périmètre couvert. Mais une boulette, ça ne parle que de son univers, ça a bien du mal à intégrer la dimension humaine dans son raisonnement. Il me fallait donc, afin de satisfaire la demande, créer un autre support, avec moins de frontières, ainsi sont nés les coups d’humeur. Depuis il faut bien que je continue, je n’aimerais pas décevoir mes fidèles lecteurs et lectrices. Je n’attends pas autre chose de la part de mes amis que des visites régulières, des commentaires me permettant de voir qu’ils et elles ne se sont pas endormis à la fin de la troisième ligne, mais sont toujours contents de leur visite, et si j’ai ça, cela ma va… Pourquoi écrirais-je dans l’attente d’autre chose, de leur part ? Si vous voyez d’autres raisons, je suis preneur, on en discutera autour d’un verre… virtuel !

     - Pourquoi j’écris pour les autres ? Mais d’abord qui vous a dit que j’écrivais pour les autres ? Non non, je suis trop égoïste pour cela. Ils ne m’ont rien demandé, je ne leur demande rien, et ne leur fourni rien surtout. S’ils tombent par hasard sur mes délires, et qu’ils reviennent, cela deviendra des amis virtuels, s’ils ne font que passer, je ne vais pas m’attarder non plus, et ne rien faire pour (ni contre d’ailleurs) eux…Donc inspiré par Jean Sablon, j’ai tendance à dire à ceux la :
"Vous qui passez sans me voir
Sans même me dire bonsoir
Donnez-moi un peu d'espoir ce soir...
J'ai tant de peine
Vous, dont je guette un regard
Pour quelle raison ce soir
Passez-vous sans me voir ?
Un mot, je vais le dire : "Je vous aime"
C'est ridicule, c'est bohème,
C'est jeune et c'est triste aussi
Vous qui passez sans me voir
Sans me donner d'espoir
Adieu... Bonsoir..."
Tout ca pour dire que non, je n’écris pas par égoïsme, par égocentrisme, par recherche de gloire, ou d’une quelconque auto satisfaction, mais « pour le plaisir »… (Jean Sablon puis Herbert Léonard, il est temps que je m’arrête, ca commence à devenir limite, mes références…) : plaisir des uns, plaisir des autre, plaisir de moi certes aussi, mais plaisir avant toute chose.

Et tant que j’aurai du plaisir à l’écrire, et vous à le lire, je continuerai…